3 500 événements organisés par mois. 35 000 entreprises analysées. 57 pages de données construites avec les principaux acteurs du marché français. Le Baromètre Meetings & Events 2026, présenté par Arnaud Katz, CEO de Kactus, au salon IFTM Top Resa le 16 septembre 2026, est la photographie la plus complète du marché MICE français à ce jour.
Et son titre dit tout : plus l’IA avance, plus l’humain compte.
Dans ce Focus Good Morning Event, le podcast de l’événementiel by Zen Organisation, on décortique les six grands enseignements de ce baromètre, et ce qu’ils changent concrètement pour les DRH, les acheteurs événementiels et les agences.
C’est la tendance de fond la plus structurante du baromètre. Le séminaire résidentiel représente désormais 38% des événements organisés et 57% des dépenses MICE des entreprises au S1 2026, contre 30% du volume en 2023. Sa durée moyenne remonte à 2,61 jours. Et pour la première fois, son ticket moyen franchit la barre symbolique des 400€ par personne (408€ au S1 2026, +6,3% vs 2024).
Ce mouvement traduit un changement de nature profond. Le séminaire résidentiel n’est plus un simple moment de cohésion ou de transmission de message. Il est devenu un vrai temps de travail collectif, structuré autour de plénières, d’ateliers de co-construction, de formations métiers et de moments de cohésion partagée. Comme le formule Arnaud Katz : c’est précisément là que la valeur humaine du MICE, celle que l’IA ne peut pas produire, s’exprime le plus intensément.
La journée d’études reste majoritaire en volume (53%) mais recule de 4 points en trois ans. Les réunions courtes et de coordination se traitent désormais en interne ou en visioconférence. Ce qui sort encore en journée d’étude externe relève davantage de besoins spécifiques à forte valeur ajoutée, kick-off commercial, formation, séminaire d’équipe d’une journée, pour lesquels les entreprises sont prêtes à mobiliser plus de moyens. Le ticket moyen de la journée d’études reste stable à 122€ par personne.
Deuxième enseignement du baromètre : les entreprises comparent davantage et arbitrent plus strictement. La moyenne est passée à 4,7 devis comparés par événement (vs 3,7 en 2023). Et pour la première fois depuis la crise sanitaire, le montant confirmé d’un événement passe sous le budget initial qualifié par le client : l’écart s’établit à -115€ en 2025, contre +176€ en 2023 et +88€ en 2024.
Ce retournement dit une chose simple : le prix est redevenu un critère central de décision, là où la période 2022-2024 normalisait un léger dépassement au profit de la qualité. Les entreprises ne cherchent pas à dépenser moins — elles cherchent à dépenser mieux.
Le marché fonctionne désormais à deux vitesses. Les petits événements (moins de 50 personnes) se décident en deux mois environ, souvent par un office manager ou un responsable RH. Les grands événements (plus de 150 personnes) se préparent plus de 4 mois à l’avance, avec des directions achats et RH autour de la table — et des délais d’anticipation qui atteignent 139 jours en moyenne pour les groupes de 150 personnes et plus.
Troisième enseignement : la saisonnalité se durcit. En 2025, juin enregistre un pic synchronisé sur les trois formats, journées d’études, séminaires résidentiels et soirées. C’est la première année où juin dépasse septembre sur le résidentiel (17% vs 15% du volume). Juin, septembre et décembre concentrent plus de 40% du volume annuel.
Pour les organisateurs, c’est à la fois un risque opérationnel et une opportunité. Les mois hors-pic, janvier, avril, mai, juillet, octobre, novembre, permettent d’accéder à une offre plus large, des conditions tarifaires plus favorables et une disponibilité hôtelière bien meilleure. Organiser hors-pic est devenu un levier d’optimisation budgétaire à part entière, un conseil que l’été caniculaire de juin 2026 a rendu encore plus actuel.
Quatrième enseignement et peut-être le plus symbolique : 1 événement sur 3 se tient désormais dans un lieu labellisé RSE (35% au S1 2026, contre 31% en 2023). Le surcoût d’un lieu labellisé est tombé à 15% (contre 23% en 2023). Et l’empreinte carbone par participant baisse de 14,5% en trois ans, à 16,12 kCO₂ au S1 2026.
La RSE événementielle n’est plus un argument différenciant réservé aux appels d’offres vertueux. Elle est en train de devenir un standard opérationnel du marché — avec des données mesurables, des labels reconnus et une accessibilité économique croissante.
Une nuance importante toutefois : seuls 27% des lieux ont réalisé un bilan carbone complet couvrant l’ensemble de leurs scopes d’émission. La fiabilité des données reste un chantier à part entière pour la filière.
Cinquième enseignement : les grands équilibres régionaux bougent. L’Île-de-France regagne 2 points en résidentiel (34% → 36%) et conserve son leadership premium avec un ticket moyen de 455€ par personne. Mais la vraie star de l’année est la Nouvelle-Aquitaine, qui bondit de la 5e à la 3e place en séminaire résidentiel, gagnant 2 points de volume (8% → 10%) tout en baissant son prix moyen de 23€ (368€ → 345€).
Pour Zen Organisation, implanté en Pays de la Loire avec des antennes à Nantes, La Roche-sur-Yon, Le Mans et Angers, les données régionales sont particulièrement significatives. Les Pays de la Loire pèsent 5% du volume résidentiel, avec un ticket moyen de 272€. La Bretagne représente 3% du marché, avec un prix de 309€. Ces deux régions, comme la Normandie et les Hauts-de-France, s’imposent comme des alternatives crédibles et accessibles pour les entreprises qui cherchent à sortir du duo Île-de-France / Auvergne-Rhône-Alpes.
Sixième enseignement, et le plus directement parlant pour Zen Organisation et la filière team building : après une phase de compression budgétaire en 2025, le marché repart. Le panier moyen par participant remonte à 70€ au S1 2026 (vs 65€ en 2025, -12%). Et le nombre moyen de participants par activité bondit à 57 personnes (+32% vs 2025, +43% vs 2024). Pour la première fois depuis 2024, taille et panier progressent simultanément.
Fanny Dautzenberg, porte-parole de la Fédération Française de Team Building, dont Zen Organisation est partenaire, et qui figure parmi les contributeurs de ce baromètre, y lit un recentrage sur l’humain. Réduction du stress, qualité de vie au travail, réengagement. Le team building n’est plus un divertissement accessoire. C’est un levier de management à part entière, intégré à l’ingénierie du séminaire résidentiel, et qui ne s’improvise plus.
Le trio mardi-mercredi-jeudi concentre 84% des activités de team building. Les délais de réservation s’allongent aussi : 29 jours pour un petit groupe, jusqu’à 77 jours pour les groupes de 50 personnes et plus.
Les données sont claires sur un point : l’animation représente seulement 3% du budget du séminaire résidentiel. C’est le premier poste compressé quand les arbitrages budgétaires s’imposent. La réponse des agences n’est pas de baisser les ambitions, c’est de démontrer la valeur stratégique de la cohésion d’équipe dans la construction du séminaire, plutôt que de la proposer en option en fin de programme.
Dernier enseignement, transversal : malgré un contexte économique et géopolitique incertain, le marché du MICE en 2026 démontre une résilience notable. Le taux d’annulation des réservations confirmées tombe à 1,8% (vs 2,6% un an plus tôt, son plus bas niveau depuis 2019). Les délais de planification restent stables à 84 jours. L’intention de réservation ne recule pas.
Seul signal à surveiller : une légère accélération des réservations de dernière minute en mai 2026 (33% vs 30%), probablement liée à des décisions retardées en mars-avril dans un contexte incertain. Le baromètre est explicite : à ce jour, la crise géopolitique n’a pas d’impact visible sur les comportements de réservation MICE en France.
Plus l’IA avance, plus l’humain compte. Le baromètre Kactus 2026 confirme que le secteur du MICE ne se laisse pas automatiser. Ce qu’aucun algorithme ne peut remplacer, des moments de rencontres, des expériences de partage, du lien entre les participants, reste le cœur de valeur de l’événementiel d’entreprise. Et les chiffres le prouvent : les entreprises continuent d’investir, avec plus de rigueur, plus d’exigence, et plus de sens.
Good Morning Event est le podcast de référence de l’événementiel, produit par Zen Organisation et présenté par Nicolas Guillermou. Basée en Pays de la Loire avec des antennes à Nantes, La Roche-sur-Yon, Le Mans et Angers, Zen Organisation accompagne entreprises et organisations dans la conception et la production de leurs événements depuis 2011.
Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Ausha et toutes les plateformes. Nouvel épisode chaque lundi.
Transcription de l’épisode !
Nicolas Guillermou : 16 septembre 2026, au salon IFTM Top Resa, Porte de Versailles à Paris. Arnaud Katz, CEO de Kactus, dévoile la quatrième édition du baromètre Meetings & Events, bâti sur plus de 3500 événements organisés chaque mois. Son titre résume tout : plus l’IA avance, plus l’humain compte. Séminaires plus longs, tickets au-dessus de 400 euros, annulations au plus bas. Le marché de l’événement d’entreprise se porte bien mieux que l’on le croit. Focus. C’est votre rendez-vous sur Good Morning Event. Aujourd’hui, on décortique le marché du MICE à travers le baromètre Kactus IFTM.
Générique : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Good Morning Event, le podcast de l’événementiel.
Nicolas Guillermou : Premier renseignement, le séminaire résidentiel est devenu le format roi. Il pesait 30% des événements en 2023, 35% en 2025 et 38% au premier semestre 2026. Surtout, il concentre 57% des dépenses. Sa durée monte autour de 2,6 jours et son ticket moyen franchit pour la première fois la barre symbolique des 400 euros par personne. Le baromètre l’explique par un changement de nature. Le séminaire n’est plus un simple moment de cohésion, c’est un vrai temps de travail collaboratif avec plénière, atelier et moments informels. À l’inverse, la journée d’études reste majoritaire mais recule, de 57 à 53% du volume en 3 ans, parce que les réunions courtes se tiennent désormais en interne ou en visio. Deuxième enseignement, un marché plus mature, mais plus polarisé. Les entreprises comparent en moyenne 4,7 devis par événement. Et pour la première fois depuis la crise sanitaire, le montant confirmé passe sous le budget initial, moins 115 euros par événement, alors qu’il dépassait de 176 euros en 2023. Le prix devient un critère central. Autre signe de maturité, les acomptes remontent à 54% pour les séminaires résidentiels. Et le marché fonctionne à deux vitesses. Les petits événements se décident en deux mois environ, souvent par un office manager, quand les grands événements de plus de 150 personnes se préparent plus de 4 mois à l’avance, avec des achats et des RH autour de la table. Troisième enseignement, le calendrier se resserre. Juin devient le pic de l’année sur les trois formats. Et pour la première fois, il dépasse septembre sur le résidentiel. Juin, septembre et décembre concentrent plus de 40% du volume annuel. Le baromètre conseille donc d’organiser hors-pique en janvier et en avril, en mai et en juillet, en octobre et en novembre. Un conseil que l’été caniculaire de juin dernier rend encore plus actuel. Quatrième enseignement, la RSE passe progressivement du discours à la pratique. Un événement sur trois se tient dans un lieu labellisé. 35% au premier semestre 2026 contre 31% en 2023. Le surcoût d’un lieu labellisé tombe de 23% à 15%. Et l’empreinte carbone par participant baisse de 14,5% en 3 ans. Mais attention, seuls 27% des lieux ont réalisé un bilan carbone complet. Il faut rester prudent sur la fiabilité de ces données. Cinquième enseignement, la géographie se recompose. L’Île-de-France regagne 2 points en résidentiel, à 36%. Mais la vraie star est la Nouvelle-Aquitaine, qui passe de la cinquième à la troisième place, en augmentant son volume tout en baissant son prix moyen. De leur côté, les Pays de la Loire pèsent 5% du résidentiel et la Bretagne 3%. Sixième enseignement, le marché est résilient. Les taux d’annulation tombent de 1,8% contre 2,6% un an plus tôt. Et le délai de réservation reste à 84 jours. Seul signal à surveiller, le last minute grimpe de 30 à 33% en mai. Le baromètre le dit clairement : À ce jour, la crise géopolitique n’a pas d’impact visible sur les comportements de réservation. Et le team building dans tout ça ? C’est un petit poste. L’animation ne pèse que 3% du budget du séminaire résidentiel. C’est le premier poste qui absorbe des arbitrages. Le panier moyen des activités chute de 74 à 65 euros en 2025 par personne, soit moins de 12%. Mais le premier semestre 2026 change la donne. Le panier remonte à 70 euros et le nombre moyen de participants par activité bondit à 57, contre 43 en 2025. Pour la première fois depuis 2024, la taille et le prix progressent ensemble. Fanny Dautzenberg, porte-parole de la Fédération française de team building, y voit un recentrage sur l’humain. Réduction du stress, qualité de vie au travail, réengagement. Le team building n’est plus un divertissement accessoire, c’est un levier de management. Côté organisation, le trio mardi, mercredi et jeudi concentre 84% des activités de team building et le jeudi recule à lui seul à 29%. Les délais de réservation également s’allongent, 29 jours pour un petit groupe, 77 jours à partir de 50 personnes. Le message est clair, la cohésion s’intègre désormais à l’ingénierie du séminaire, elle ne s’improvise plus. C’est un mouvement que nous suivons de près chez Zen Organisation, et la Fédération Française de Team Building figurent d’ailleurs parmi les partenaires remerciés de ce baromètre. Au bout du compte, le baromètre raconte un secteur qui se professionnalise, sans perdre son âme. Les achats ont gagné en rigueur, les directions RH s’impliquent, les entreprises arbitrent le prix, mais elles continuent d’investir dans ce qu’aucun algorithme ne remplace : des moments de rencontres, des expériences de partage et du lien entre les participants. Le baromètre Meetings & Events 2026, quand un marché est de plus en plus outillé, comparé et mesuré, rappelle que sa vraie valeur reste ce qu’un collectif vit ensemble pendant un, deux ou trois jours loin du bureau. Merci beaucoup d’avoir écouté jusqu’au bout ce podcast de Good Morning Event. N’hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify, ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l’adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.