Ben Barbaud au micro de Good Morning Event : les coulisses événementielles du Hellfest, 20 ans de festival décryptés

Ben Barbaud : HellFest, création, coulisses et avenir du plus grand festival metal d’Europe !

Créer un événement de A à Z, sans budget, sans réseau, en apprenant sur le tas. Puis le voir grandir pendant 20 ans jusqu’à devenir l’un des festivals les plus puissants de France. C’est l’histoire de Ben Barbaud et du Hellfest — et c’est aussi, au fond, une master class en organisation événementielle.

Créer un événement de A à Z, sans budget, sans réseau, en apprenant sur le tas. Puis le voir grandir pendant 20 ans jusqu’à devenir l’un des festivals les plus puissants de France. C’est l’histoire de Ben Barbaud et du Hellfest — et c’est aussi, au fond, une masterclass en organisation événementielle.

 

Dans ce nouvel épisode de Good Morning Event, le podcast de l’événementiel by Zen Organisation, Nicolas Guillermou reçoit le fondateur du Hellfest pour un échange rare, concret et inspirant sur ce que signifie vraiment piloter un événement de cette envergure sur la durée.

 

 

Du concert de quartier au plus grand festival de musique actuelle en France

Tout commence à Clisson, au début des années 2000, avec quelques copains, une passion pour le punk et le hardcore, et aucune formation événementielle. Ben Barbaud organise ses premiers concerts, monte le FuryFest, essuie les échecs — dont un retentissant en 2005 quand des investisseurs disparaissent avec la caisse en fin de festival — et repart de zéro avec son associé Yoann Le Nevé.

La première édition du Hellfest en 2006 réunit environ 18 000 spectateurs. Pas de quoi boucler le budget, mais assez pour valider une intuition fondamentale : il existe une communauté de fans de musiques extrêmes qui n’a pas d’événement à la hauteur de sa passion. Ce constat devient le socle de toute la stratégie événementielle qui suivra.

 

De l’apprentissage sur le terrain comme seule école

Dans l’événementiel, les erreurs sont les meilleurs formateurs. Ben Barbaud en a fait l’expérience à chaque étape : gestion budgétaire, relation avec les prestataires, négociation avec les élus locaux, choix du nom du festival. Autant de décisions qui, prises sans filet, forgent une expertise que peu de formations académiques peuvent transmettre.

 

 

La structure opérationnelle d’un événement à 60 000 festivaliers par jour

Derrière le Hellfest, c’est aujourd’hui une organisation événementielle rodée, construite sur 20 ans d’itérations. 40 salariés permanents, auxquels viennent s’ajouter 1 500 intermittents du spectacle et 6 000 bénévoles lors de l’événement. Un modèle associatif qui a su se professionnaliser sans perdre l’ADN qui le distingue.

Ben Barbaud détaille dans cet épisode les grandes masses budgétaires d’un festival de cette envergure :

  • environ 25 % du budget consacré aux cachets artistiques
  • 30 à 40 % alloués à la technique, la sécurité et les infrastructures
  • le solde réparti entre production générale et communication

Des ratios qui, selon lui, se retrouvent dans la plupart des événements de même dimension — et dont le déséquilibre est souvent le premier signal d’alerte avant un échec organisationnel.

 

La fidélisation des bénévoles, un actif invisible mais décisif

Dans la gestion d’un événement récurrent, la mémoire organisationnelle est un enjeu souvent sous-estimé. Au Hellfest, les bénévoles deviennent au fil des éditions de véritables experts de leur secteur. Leur fidélité représente une valeur opérationnelle considérable — et un avantage compétitif qu’aucun budget ne peut simplement acheter.

 

 

Gestion de crise, Covid et capacité de rebond

Deux années blanches. Une structure à maintenir. Des équipes à mobiliser dans le flou total. La crise sanitaire de 2020-2021 a frappé le secteur événementiel de plein fouet, et le Hellfest n’y a pas échappé. Ben Barbaud revient sur cette période avec lucidité : la difficulté de piloter une organisation sans visibilité, l’impossibilité de se projeter, et la décision de tenir.

Le résultat ? Une double édition en 2022 avec une affiche artistique historique, qui a transformé un coup d’arrêt brutal en moment fondateur pour toute une communauté. Un cas d’école en gestion de crise événementielle.

 

 

Le Hellfest Park : quand un événement devient un actif territorial permanent

Ce que personne n’avait anticipé : les infrastructures scénographiques et monumentales du festival, trop lourdes à démonter chaque année, ont progressivement transformé le site en espace de vie. Une route communale traversant le terrain a fait le reste. Aujourd’hui, le Hellfest Park accueille des visiteurs toute l’année — gratuitement, autofinancé par les recettes du festival.

Brasserie ouverte, parc de jeux pour enfants, skatepark en cours de création : l’événement dépasse largement ses quatre jours d’exploitation annuelle pour s’inscrire dans une logique d’attractivité territoriale durable — un modèle de plus en plus regardé dans le secteur événementiel et touristique.

 

 

La 20e édition en ligne de mire : se réinventer ou disparaître

2027 marquera les 20 ans du Hellfest. Les équipes sont déjà mobilisées. Ben Barbaud ne dévoile aucun détail, mais formule avec clarté la philosophie qui guide chaque décision : un événement qui vit sur ses acquis a déjà commencé à mourir.

Dans un secteur où l’expérience festivalier est devenue un critère de fidélisation aussi important que la programmation artistique, la capacité à surprendre, à émerveiller et à se renouveler est, selon lui, le seul vrai facteur de longévité pour un organisateur d’événements.

 

 

Good Morning Event : le podcast qui donne la parole aux acteurs de l’événementiel

Good Morning Event est le podcast de référence de l’événementiel, produit par Zen Organisation et présenté par Nicolas Guillermou. Chaque épisode donne la parole à un professionnel du secteur — organisateur, régisseur, directeur artistique, responsable technique — pour décrypter les coulisses des grands événements et partager une vision concrète du métier.

Disponible gratuitement sur Spotify, Apple Podcasts, Ausha et toutes les plateformes de podcast. Nouvel épisode chaque lundi.

Transcription de l’épisode !

 

Générique : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Good Morning Event, le podcast de l’événementiel.

 

Nicolas Guillermou : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Good Morning Event. Aujourd’hui, je suis avec Ben. Ben, bonjour.

 

Ben Barbaud : Bonjour.

 

Nicolas Guillermou : Tu t’appelles Ben Barbaud et tu es le fondateur du Hellfest.

 

Ben Barbaud : Tout à fait.

 

Nicolas Guillermou : Et j’ai le plaisir de te recevoir aujourd’hui pour ce très joli podcast. Peut-être déjà en quelques mots, pour ceux qui éventuellement ne connaîtraient pas, est-ce que tu peux nous résumer ce que c’est que le Hellfest ?

 

Ben Barbaud : Alors le Hellfest, c’est à ce jour le plus important festival de musique actuel en France, spécialisé dans les musiques dites extrêmes. Donc quand on parle de musique extrême, ça va du metal au punk, au hardcore, etc. C’est de la musique très amplifiée, on va dire.

 

Nicolas Guillermou : Et quand tu dis plus important festival de France, c’est peut-être par le nombre de spectateurs ?

 

Ben Barbaud : Oui, par son modèle économique et aussi par son déploiement aujourd’hui, le chiffre d’affaires généré qui est devenu extrêmement important sur notre modèle. Donc voilà, on a cette chance d’avoir une communauté de fans extrêmement importante, extrêmement fidèle, ce qui nous a permis de développer un événement autour de ces gens-là qui est devenu important, très important.

 

Nicolas Guillermou : On va revenir sur le Hellfest, on va faire un petit flashback dans ta vie. Raconte-nous le Ben Barbaud qui a 18-20 ans. Quelles sont ses passions ? Quelles sont ses études ? Comment est-ce qu’il se construit pour un jour créer le Hellfest ?

 

Ben Barbaud : Je pense que comme la plupart des gens qui officient aujourd’hui dans le secteur de l’entertainment et puis spécifiquement aussi dans ce qu’on appelle la musique live, je pense que c’est un parcours qui est lié à une succession de faits un petit peu liés au hasard, entre guillemets. Moi, je n’avais pas pour objectif, effectivement, d’en faire mon métier. Par contre, j’étais passionné, effectivement, de musique extrême, un peu plus d’ailleurs de punk et de hardcore à l’époque. Et j’ai rapidement voulu m’y investir, parce que c’est ça la force aujourd’hui de ces musiques. On a très vite envie d’en être acteur, de passer de spectateur à acteur. Donc, un certain nombre de gens décident, dans leur adolescence, de prendre les instruments pour fonder un groupe. D’autres décident de monter des fanzines ou des webzines maintenant. Et moi, j’ai tout de suite été très vite attiré, déjà parce que j’étais un piètre musicien, par cette idée d’organiser des concerts et d’être moteur là-dedans. J’ai commencé par faire ça, pour m’occuper, entre guillemets, avec quelques copains de Clisson. Et puis très vite, j’ai senti que c’était quelque chose qui me plaisait beaucoup, l’organisation donc voilà je me suis formé sur le tas parce qu’il n’y a pas vraiment de formation adéquate pour réaliser ce genre de métier et puis après avoir essuyé beaucoup beaucoup de plâtre on finit par apprendre et puis voilà après maintenant ça fait 25 ans.

 

Nicolas Guillermou : Il y a un premier festival qui s’est appelé le FuryFest c’est ça ?

 

Ben Barbaud : Tout à fait qui a fait partie des premiers événements que j’ai organisé donc qui fait partie pour moi intégrante de l’histoire c’est un festival aujourd’hui,le Hellfest est une émanation du FuryFest.

 

Nicolas Guillermou : Furyfest qui lui n’était pas sur Clisson ?

 

Ben Barbaud : Alors si qui a débuté sur Clisson pour sa première année mais qui a ensuite voyagé effectivement allant de Rezé, passant de Rezé jusqu’au Mans et puis un certain nombre de mésaventures nous ont obligés d’arrêter cette aventure sous le nom Hellfest pour la recommencer sous un autre nom.

 

Nicolas Guillermou : D’arrêter sous Furyfest pour recommencer sous le nom Hellfest.

 

Ben Barbaud : Le Furyfest pour moi est une période d’apprentissage déterminantedans mon cheminement, entre guillemets. C’est ce festival sans doute qui a essuyé le plus de plâtre. À l’époque, je n’avais absolument aucune idée de toutes les choses qu’il fallait mettre en place pour organiser un festival de façon correcte et professionnelle. Donc voilà, mon parcours n’est pas exceptionnel par rapport et comparé à d’autres. On est des passionnés qui avons appris au fur et à mesure sur le tas. Et donc, voilà, j’ai peut-être eu la chance, effectivement, à un moment donné, de faire les belles rencontres, d’avoir un petit ange au-dessus de ma tête qui m’a permis de continuer malgré les épreuves.

 

Nicolas Guillermou : Et quand tu parles d’essuyer les plâtres, c’est quoi les leçons que tu as pu tirer de tes expériences, que tu as pu, du coup, corriger pour après ?

 

Ben Barbaud : Elles sont innombrables, elles sont innombrables, parce que quand on se lance, effectivement, à peine à la vingtaine dans ce genre d’aventure, on est porté par la passion. On est porté par une certaine forme de naïveté, de prise de risque qu’aujourd’hui je qualifierais d’un peu sado, entre guillemets, parce que notre jeunesse peut-être nous empêche d’avoir un petit peu les pieds sur terre et de mesurer le degré de risque pour organiser ce genre de choses. Donc, inévitablement, quand on n’a pas l’expérience, quand on n’a pas le recul, on fait énormément d’erreurs dans l’organisation, dans le modèle économique, dans énormément de choses. Donc, j’ai vu beaucoup autour de moi de gens qui, effectivement, se sont pris le mur fatal qui ne leur a pas permis de pouvoir se relever. Moi, j’ai eu cette chance à chaque fois de considérer que tout ce qui m’arrivait de mal découlait sur quelque chose de bien qui me permettait d’avancer et de pouvoir faire progresser le projet. Donc ça, c’est une chance. Est-ce que c’est un petit ange gardien au-dessus de moi qui me protège de tout ça et qui me permet d’avancer quelles que soient les épreuves ? Donc voilà, elles sont innombrables ces erreurs quand on commence et quand on est jeune.

 

Nicolas Guillermou : Alors, on arrive à la création du Hellfest. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce que c’est que le Hellfest édition 1 ? En quelle année ? Combien de spectateurs ? Où est-ce qu’on est géographiquement ? Enfin, nous faire un peu la carte postale de ce premier Hellfest.

 

Ben Barbaud : Alors, comme je te le disais, effectivement, on est à la suite du feu Furyfest, qui s’éteint lors de sa dernière édition en 2005 au Mans, puisqu’à l’époque, on était salarié d’une structure qui était portée par des investisseurs qui venaient de Paris et d’Allemagne qui, entre guillemets, pour faire court, sont partis avec la caisse à la fin du festival, laissant énormément de prestataires, d’artistes et autres sur le carreau. On était malgré tout, malgré cet échec énorme, qui aurait dû normalement, dans un temps normal, signer la fin de notre aventure. Nous étions que deux à bord de ce navire-là à l’époque, moi et mon fidèle bras droit, Yoann Le Nevé. Et on était repartis suite à cette aventure pour arrêter, tout simplement. Et puis moi, j’ai persévéré sur Clisson, puisque c’est ma ville natale. Et de discussion en discussion, j’ai repris un petit peu confiance. J’ai réussi à reproposer un projet, à retrouver un terrain d’accueil, à convaincre les élus de l’époque, avec qui j’avais la chance d’avoir des liens, étant clissonais depuis longtemps. Et est repartie cette idée de refaire un festival. Donc j’ai immédiatement rappelé mon collègue Yoann pour savoir si effectivement cette aventure le branchait ou pas. Il a mis longtemps à réfléchir à cette idée puisqu’on sortait quand même d’un marasme assez important. Et puis voilà, on s’est relancé sans le sou. On n’avait pas encore beaucoup d’expérience. On savait qu’il allait falloir bûcher énormément pour arriver là. Mais il y avait une petite lumière en nous qui nous laissait à penser que notre projet, malgré tout, dans son idée la plus profonde, méritait d’être développé parce qu’on sentait qu’effectivement, il y avait une demande de ce public-là qui a toujours étéun petit peu mis de côté.

 

Nicolas Guillermou : Il y avait une demande, mais il n’y avait pas beaucoup d’offres finalement.

 

Ben Barbaud : Il y avait très, très peu d’offres.Ces musiques-là ont toujours été sous-représentées. Alors effectivement, il y avait une scène très underground, mais on n’avait pas de giga-event, comme on dit, qui permettait de représenter une large part de cette communauté. Donc nous, on était persuadés qu’il y avait un modèle à développer. Il fallait juste être patient, nous laisser le temps d’apprendre ce métier, parce que finalement, autour de nous, il n’y avait pas forcément des gens qui étaient en capacitéde nous guider. Donc c’est pour ça qu’on a essuyé énormément de plâtre. Cette première édition du Hellfest a été, comme on s’y attendait, compliquée parce que relancer un événement dans une nouvelle commune avec peu de moyens, voire pas du tout de moyens, ça a été long, donc ça n’a pas été une réussite commerciale. On a dû faire à l’époque, alors je n’ai pas les chiffres, 18 000 personnes en 3 jours, il me semble, ce qui n’était pas ridicule.

 

Nicolas Guillermou : C’est déjà une belle réussite pour n’importe quel petit organisateur de festival.

 

Ben Barbaud : Mais qui ne permettait pas de boucler un budget à l’équilibre. chose qui évidemment est primordiale c’est le nerf de la guerre, se faire plaisir à organiser des événements c’est une chose faire en sorte qu’effectivement ces événements soient au moins à l’équilibre si ce n’est profitable dans le meilleur des cas ça en est une autre donc cette première édition a été un petit peu difficile à avaler effectivement il a fallu remobiliser on continue, on continue j’ai en moi cette capacité de résilience et à toujours y croire Même quand les signaux sont au rouge et que quelqu’un de normalement constitué a réalisé qu’on arrête les frais et qu’on passe à autre chose, ça devient trop. Est-ce que c’est une forme de naïveté ? De folie ? J’en sais rien. Mais en tous les cas, nombreuses sont les fois où effectivement les signaux venaient à nous demander d’arrêter, entre guillemets. Et longtemps, je les ai ignorés pour me dire que non, il y avait encore… Et il nous a fallu énormément d’années, puisque moi, si j’estime le point de bascule, le moment vraiment où on sent qu’effectivement, le modèle est en train de se construire, il est en train de se professionnaliser et il est en train, effectivement, de trouver un modèle économique qui soit stable. Je vous parle de, ouais, 2000, pas avant 2009, on va dire à peu près. Donc, et ensuite, sa progression a été plus constante. Voilà, mais donc le temps d’apprentissage, si on le recale depuis le début. La première année du FuryFest s’est faite en 2002. Et je vous parle, moi, d’un modèle qui a commencé à effectivement émettre des signaux positifs dans son modèle économique à partir de 2008-2009. Donc, c’est un long apprentissage. Mais bon, voilà, c’est la chance que j’ai eue d’avoir rencontré les bonnes personnes, d’avoir su persévérer.

 

Nicolas Guillermou : Si on fait un petit focus sur ce nom aussi, Hellfest, est-ce que c’est un nom qui est venu comme ça, qui a été facile à trouver ? parce que… A la fois aujourd’hui c’est une marque hyper puissante, tout le monde, amateur ou pas de ce genre de musique, connaît le nom Hellfest. Et en même temps, quand tu dis, quand on va voir les élus qui ont monté un projet, c’est un nom qui peut faire un peu peur aussi, parce que pas forcément consensuel. Comment il est arrivé ce nom et est-ce que ça a été facile ?

 

Ben Barbaud : Au moment de la présentation du projet aux élus, avec qui j’entretenais des relations assez privilégiées, je me suis bien gardé de dévoiler le nom du projet. Je vais être tout à fait franc, je me suis même permis effectivement d’être très vague sur la description du projet artistique, puisque effectivement, tu as tout à fait raison de soulever que si j’avais été extrêmement précis sur les ambitions que j’avais sur un projet de musique extrême, le métal, le machin, etc. Malgré mes relations privilégiées que j’avais avec certains élus, pas sûr que ce projet aurait pu aboutir. Donc j’ai été assez vague dans la description, ce qui m’a permis ensuite de pouvoir effectivement faire évoluer le projet. Alors ce nom Hellfest… Finalement, comme tu le disais, je n’ai rien inventé puisque c’est un festival qui existait dans les années 90 aux Etats-Unis. Et lorsqu’au moment où moi je cherchais un nom, il faut trouver un nom, d’ailleurs sont liés soit à un jeu de mots qui est en lien avec le territoire ou avec une histoire particulière. Moi je cherchais évidemment un nom qui puisse définir un peu le projet, les musiques extrêmes, etc. Donc voilà, c’était un nom assez facile à retenir. Et puis moi c’était un événement qui existait aux Etats-Unis, qui m’avait marqué entre guillemets. qui n’existait plus à l’époque. Donc, je me suis laissé, entre guillemets, le droit de reprendre ce nom sur le marché français. Donc, voilà, c’est parti de là. Moi, je voulais un nom assez court, pour que ça soit assez facile, percutant. Donc, voilà, Hellfest ça sonne bien.

 

Nicolas Guillermou : Aujourd’hui, ça paraît être une évidence, mais quand on rembobine, on se dit que ça peut être un peu risqué, effectivement.

 

Ben Barbaud : Tout à fait. Donc, voilà, la description du projet artistique. Pas sûr que les élus du coin auraient été… ouvert à ce qu’on organise. Ça, va savoir. Voilà, ça s’est fait comme ça. J’ai su être malin, là, oui, quand il fallait être malin, entre guillemets, ne pas mentir sur le projet, mais ne pas dévoiler absolument tout, puisque j’avais conscience qu’effectivement, ces musiques-là souffraient d’un certain nombre de préjugés qui découlent sur des inquiétudes. Quand on est élu, évidemment, on se dit, mais alors c’est quoi ? On a souffert, d’ailleurs, depuis… Il y avait un certain nombre de riverains à l’époque quand on est arrivé, puisque les gens confondaient. Donc il a fallu du temps pour que les gens se rendent compte que finalement, on était loin de tout ça, que l’organisation était rigoureuse, que la sécurité était un pan de notre activité qui était pris très au sérieux. Le public avait besoin de prouver justement aux gens qui l’entourent et aux gens qui l’accueillent qu’il en valait la peine. Donc voilà, ça a pris du temps, mais ça s’est fait. Et tout ça grâce aux festivaliers qui ont eu, depuis la création du festival, un comportement exemplaire et qui sont venus, en fait, finalement, faire mentir tous ces préjugés. Et aujourd’hui, je pense que ce public-là est entièrement accueilli de façon positive par les habitants.

 

Nicolas Guillermou : Ça fait partie de l’ADN aussi, ce côté du respect qu’on a aujourd’hui et qui maintenant est connu de tout le monde. Si on se remet encore un petit coup sur 2005, tu disais 18 000 spectateurs à peu près pour cette première édition. Il y a quelques mois. A cette époque-là, il n’y a pas de réseaux sociaux. Même si ce n’est peut-être pas le nombre attendu pour l’équilibre, c’est quand même 18 000 entrées. Comment est-ce qu’on fait en 2005 pour faire savoir qu’on vient de créer ou de recréer un nouveau festival et faire venir ces 18 000 spectateurs sur une première édition ?

 

Ben Barbaud : Il faudrait que je me recale dans le passé exactement, parce qu’effectivement, on sortait d’un marasme qui avait fait couler beaucoup d’encre, le Furyfest, qui s’était fini vraiment… Boudin, entre guillemets, il a fallu être force de persuasion vis-à-vis des artistes, vis-à-vis des partenaires, pour leur expliquer qu’on souhaitait malgré tout remonter un événement. Beaucoup d’entre eux savaient, entre guillemets, que nous n’étions pas responsables de ce marasme, mais il y avait quand même une crainte, effectivement, qu’il y ait une reprise d’un événement qui ne fonctionne pas. Il en existe, entre guillemets, des margoulins qui, parfois, effectivement, montent des choses et puis on s’aperçoit derrière que tout ça est compliqué. Donc, nous, il a fallu qu’on bataille pour reconvaincre tout le monde. Et puis voilà, la force d’abnégation, entre guillemets, on y arrive.

 

Nicolas Guillermou : On est un peu plus de 20 ans plus tard aujourd’hui. La réussite du Hellfest n’est plus à raconter. Je pense que tout le monde le sait. On a un peu plus de 60 000 festivaliers par jour sur 4 jours. Donc, ce qui est devenu une très belle machine, une très grosse machine. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce que c’est que la structure Hellfest à l’année ? Le nombre de collaborateurs, les métiers ? Et puis la structure Hellfest, un peu le jour J, avec une montée en puissance évidemment sur toute l’installation, la préparation des scènes. Et puis, combien vous êtes le jour 1 du festival quand ça ouvre ?

 

Ben Barbaud : C’est une structure très particulière puisqu’on a commencé à la création du festival, on a décidé de fonder une association, loi 1901, pour accompagner justement ce projet. Donc on l’a fait conjointement avec Yoann et mon ex-copine de l’époque en 2005 pour accompagner le projet qui était le nôtre. Aujourd’hui ça reste un modèle associatif entre guillemets. La particularité de notre activité c’est une montée en puissance puisqu’on n’organise qu’un seul événement par an. Et qu’au fur et à mesure que les semaines défilent, le volume de travail nécessite des renforts qui viennent pour réaliser ce festival dans de bonnes conditions. Donc on est, nous aujourd’hui, je n’ai pas le chiffre exact, une petite quarantaine de salariés mobilisés toute l’année sur des tâches diverses et variées, comme on peut le voir dans n’importe quelle structure dite entre guillemets commerciale, même si elle garde son statut associatif, elle n’en demeure pas moins qu’elle a une activité commerciale, donc on a des secteurs classique, lié à l’artistique, lié à la communication, lié à la comptabilité aux finances, lié à la technique, etc. Donc cette équipe, ce noyau dur de 40 personnes, ensuite se voit effectivement rejoint par un certain nombre d’acteurs. Alors on a deux types d’acteurs, on a effectivement les gens spécialisés, intermittents du spectacle, qui viennent nous rejoindre pour apporter leur expertise, leur connaissance, métiers très techniques qui vont de la plomberie jusqu’à la sonorisation, etc. Et puis, on a aussi, et c’est l’avantage d’un modèle associatif, nombre de bénévoles qui viennent par amour, justement, parce qu’ils souhaitent participer à l’événement, qui font ça en dehors de leur véritable activité professionnelle, qui, eux, viennent et donnent de l’énergie en même temps avec nous sur ce projet pour que tout puisse se mettre en ordre. Aujourd’hui, le festival, c’est plus de 6 000 bénévoles sur l’ensemble du festival, à peu près 1 500 techniciens. intermittents ou autres. Et puis, plus cette équipe de noyaux durs qui organise toute l’année, qui prépare. Donc, c’est vrai que ça fait une belle machine maintenant et qui est bien huilée. Parce qu’on m’aurait dit, il y a 20 ans, quand on était beaucoup moins nombreux, qu’on arriverait demain à avoir un modèle fluide avec autant de monde et autant d’intervenants sur le site. Voilà, c’est la somme, effectivement, de toutes ces énergies positives qui sont venues se greffer au projet. Avec des compétences, c’est-à-dire que beaucoup d’entre nous ici sont des gens qui, comme je le disais, ont appris sur le tas finalement.

 

Nicolas Guillermou : Même les bénévoles, j’ai échangé avec quelques-uns, ils ont presque appris un second métier. Ils reviennent d’édition en édition en tant qu’experts.

 

Ben Barbaud : Et maintenant, ça devient, comme tu le dis très justement, des experts en la matière sur le secteur dans lequel ils sont. Donc on a vraiment, même chez les bénévoles maintenant, une expertise qui est importante et qui permet au festival de pouvoir s’appuyer justement sur ce savoir-faire qui est important. Puisque demain, si… Tout le monde venait à disparaître, ce n’est pas notre noyau dur de 40 personnes qui seraient capables de tout refaire. Donc cette expertise est extrêmement importante et pour nous c’est primordial justement de continuer à entretenir ce lien avec l’ensemble des gens qui participent au festival.

 

Nicolas Guillermou : Je crois même que c’est difficile de devenir bénévole parce qu’il y a presque une file d’attente, il y a beaucoup de demandes finalement par rapport au nombre de places disponibles, c’est ça ?

 

Ben Barbaud : Ah si on voulait ouvrir la porte encore, il y aurait certainement beaucoup de demandes. Alors après déjà on est…

 

Nicolas Guillermou : Il y a une fidélité, les gens reviennent donc forcément.

 

Ben Barbaud : Quand on arrête le bénévolat, il devient difficile en plus si on souhaite continuer à vivre l’expérience de trouver des places, parce que c’est devenu compliqué chez nous de trouver des places. Donc oui, généralement les bénévoles qui se sont engagés restent avec nous un certain nombre de temps.

 

Nicolas Guillermou : Mais si on essaie de se projeter un peu sur les grandes masses financières d’un événement comme celui-ci ? Est-ce que tu pourrais, peut-être en pourcentage, nous dire un peu comment ça se découpe entre le plateau artistique, la partie technique, son, lumière, scène, et puis tous les à-côtés, la sécurité, la communication ? Est-ce que tu peux nous projeter un peu dans cet univers-là ?

 

Ben Barbaud : Oui, les grandes masses. Je n’ai pas les pourcentages en tête. Je pense qu’Éric, mon directeur de com, serait beaucoup plus précis sur le truc. La programmation artistique qui est le nerf de la guerre, effectivement. L’enveloppe dédiée au cachet des artistes doit représenter à peu près 25% du modèle économique général. Ensuite, effectivement, on a des frais qui sont innombrables liés à ce que moi je vais appeler la technique, mais qui vont regrouper les frais de sécurité, les frais d’infrastructure, de mise en place, etc. Ensuite, on a évidemment les frais de production générale. Donc ça, les frais de production générale, c’est aujourd’hui le noyau dur, tout ce qui va nécessiter un budget pour faire marcher la machine à l’année, entre guillemets. La technique doit représenter là encore peut-être un peu plus de 30% à 40%. J’ai dit des conneries, mais c’est ça, non. Je regarde mon directeur de comité. Éric derrière acquiesse. Je sais que je dois être à peu près dans les frais de production. Les frais de production générale qui doivent être aux alentours des 10%, c’est ça je pense. Et puis après on a quoi ? Après effectivement il y a tous les frais liés à la communication, etc. qui s’ajoutent. On est finalement, quand on compare avec d’autres événements, sur des pourcentages qui sont à peu près équivalents. Ils sont à peu près équivalents de toute façon. Quand un modèle est complètement décentré un petit peu, c’est des événements généralement qui ne fonctionnent pas. On ne peut pas se permettre effectivement d’avoir 50% de budget dédié à l’artistique, parce que derrière, on sait que pour faire rouler une machine, pour que cette machine soit efficace, qu’elle puisse fidéliser un certain nombre de publics, il faut quand même qu’il y ait un budget conséquent qui soit mis pour l’accueil, pour la sécurité, etc. Donc généralement, les pourcentages dans les événements, on va dire des événements ou des festivals de la même division que nous, sont à peu près semblables.

 

Nicolas Guillermou : Sur un événement comme celui-ci, on est en plein air, c’est ce qui le caractérise ? Quel est ton niveau de regard de stress sur le facteur météo potentiellement entre très beau, très chaud, canicule ou très mauvais au contraire ? Est-ce que c’est quelque chose qui aujourd’hui te stresse encore ? Ou finalement, après 20 ans ?

 

Ben Barbaud : Je vais être tout à fait franc, je n’ai plus aucun stress vis-à-vis de ça. S’il y a bien un élément sur lequel j’arrive à philosopher et à prendre du recul, c’est bien celui-là parce que de toute façon… Je pourrais me démener comme je veux, je suis impuissant face à tout ça, donc j’accepte. Aujourd’hui, notre travail depuis maintenant 20 ans, c’est d’essayer de mettre des choses en place pour s’adapter au mieux à ces conditions. Tu parlais de canicule, on peut avoir effectivement le vent et quelque chose de problématique aussi, la pluie évidemment. Notre rôle, c’est d’essayer de pouvoir s’adapter au mieux à ces conditions qui peuvent être dantesques. Effectivement après, demain s’il fait extrêmement chaud on a conscience ici que dans les équipes ça amène un certain nombre de difficultés, également la pluie mais je ne stresse plus du tout par rapport à ça, c’est vrai que les premières années j’étais ben voilà parce que j’avais l’impression qu’effectivement ces conditions climatiques allaient être un élément déterminant de la qualité du spectacle qu’on allait donner aux festivaliers puisque nous notre rôle c’est effectivement que les gens qui aientaccepter d’acheter un billet pour chez nous, vivre une expérience et ressortre de cette expérience avec évidemment l’envie de revenir, un côté positif, etc. Et j’étais persuadé qu’effectivement, les conditions météo participaient peut-être de façon trop importante à cette impression. Voilà, maintenant, j’ai pris beaucoup plus de recul là-dessus. On fait en sorte chaque année d’améliorer tout ce qui peut l’être pour contrer et s’adapter à ces conditions qui parfois peuvent être dantesques. Mais on est bien assuré évidemment aussi parce que j’ai connu des années où nos budgets ne nous permettaient pas forcément d’avoir des couvertures assurancielles qui étaient adaptées. Donc c’est vrai que ça fait passer des nuits un petit peu chahutées. Maintenant, je suis serein quant à si demain il y avait des conditions dantesques qui obligeaient le festival à fermer ses portes ou à annuler. Bon, ça serait évidemment une grosse déception. C’est arrivé à des collègues, ça ne nous est jamais arrivé. Ça peut arriver demain sur n’importe quelle édition. Je pense que je prendrais ça quand même avec un certain recul et une certaine philosophie. S’il y a bien des éléments sur lesquels on ne peut pas être acteur et décisionnaire, c’est bien cela.

 

Nicolas Guillermou : Tu me fais une transition parfaite parce que justement, je voudrais qu’on revienne sur un épisode qui a marqué ton festival, mais finalement la France entière, le monde entier, c’est le Covid. Est-ce que tu peux nous raconter, là on est début 2020, comment tu commences toi à percevoir les choses et comment est-ce que ça se… Ça se construit avec l’idée de dire non, non, mais on n’est qu’au début d’année, ça va le faire. Puis après, finalement, annulation, puis annulation encore en 2021. Et puis, on arrive jusqu’à ce 2022, une sorte un peu d’apothéose de sortie de Covid avec la double édition. Raconte-nous un peu ce cheminement de ces deux années.

 

Ben Barbaud : J’étais un petit peu comme tous les acteurs, c’est-à-dire pris au dépourvu. Ce qui m’avait choqué à l’époque, c’est ce manque de visibilité. Effectivement, tu parlais, etc. On était vraiment dans le flou quant à des possibles sorties de crise. C’est ça qui est extrêmement stressant quand on est à la tête d’un business. Nous, c’est le rassemblement des gens. Donc, c’est vrai que le milieu du spectacle avait été extrêmement touché par cette crise sanitaire. Et ce manque de visibilité, effectivement, quand on est à la tête d’une telle structure, peut être déstabilisant parce qu’on n’arrive pas à se projeter. Et un entrepreneur qui n’arrive pas à se projeter… C’est compliqué. Donc voilà, maintenant, avec du recul, quand on revoit effectivement la façon dont s’est déroulée toute cette crise, on a eu une chance extraordinaire, c’est de pouvoir revenir à l’issue de ces deux années blanches, avec un double événement, avec une affiche artistique qui restera dans les annales. Donc finalement, voilà, je te parlais tout à l’heure de tous. Tout le mal que parfois on peut rencontrer, qui découle sur quelque chose de bien, ça fait partie aussi de ces expériences-là. On se dit qu’on est touché, mais on n’est jamais coulé, et que finalement, c’est un mal pour un bien qui nous est arrivé, puisque ça a permis effectivement de redynamiser le projet, de proposer autre chose aux festivaliers. Donc voilà, avec le recul maintenant, je peux te dire que cette période n’était pas forcément la plus catastrophique de notre histoire, mais je me souviens quand on était… les premiers mois d’ailleurs de ce premier Covid, où tout le monde était complètement dans le flou, c’était quand même assez stressant.

 

Nicolas Guillermou : Aujourd’hui, le Hellfest, tu disais, c’est un seul événement par an. Si on compare par exemple avec d’autres festivals comme Tomorrowland, qui s’exportent à différents endroits. Par contre, le Hellfest, c’est plus seulement un festival, c’est aussi maintenant un lieu de vie finalement, un lieu d’attraction touristique. Est-ce que tu peux nous raconter un peu comment est venue aussi cette mutation ? Est-ce que c’était un voulu ? Est-ce que ça s’est fait peut-être aussi malgré vous, finalement, ce tourisme Hellfest et toute l’attractivité que ça peut générer pour Clisson et pour sa région ?

 

Ben Barbaud : Alors ça s’est construit à la suite d’un certain nombre d’événements. Au tout départ, ce que les gens aujourd’hui considèrent comme le Hellfest Park, maintenant d’ailleurs on l’a dénommé de façon officielle comme ça, est devenu effectivement dorénavant un… Une sorte d’aimant touristique, de plateforme touristique dans le sud, plus précisément à Clisson, qui devient important de par ses visiteurs accueillis chaque année. Ça n’a pas été voulu au début, puisque aujourd’hui, toutes les infrastructures qui sont mises en place, qui définissent aujourd’hui ce qu’est le Hellfest Park, l’ont d’abord été dans un but lié à l’activité du festival, au bien-être des festivaliers, à la qualité d’accueil.

 

Nicolas Guillermou : Pour ceux qui ne connaissent pas, on parle de structures de type sculpture monumentale.

 

Ben Barbaud : Scénographie, sculpture, effectivement.

 

Nicolas Guillermou : Et qui finalement étaient trop grosses pour être démontées d’un festival à l’autre et qui restaient en place.

 

Ben Barbaud : Et le squelette du site qui fait qu’aujourd’hui, effectivement, on est parti d’une feuille blanche où anciennement, il s’agissait pour la plupart des terrains de vignes ou de terres agricoles, etc. Pour lequel, effectivement, on a, nous, tout de suite su, si on voulait pérenniser l’événement et faire en sorte qu’il puisse perdurer, qu’il fallait investir dans un certain nombre d’infrastructures qui nous permettraient à terme de pouvoir fidéliser le public puisque le public, outre l’affiche artistique, qui est très importante dans un projet tel qu’un festival, il y a aussi la qualité d’accueil. Aujourd’hui, c’est un élément déterminant pour fidéliser les festivaliers. Et donc, nous avons investi massivement dans cette direction-là. Et puis, au fur et à mesure des années, effectivement, ce terrain a trouvé une utilité autre, hors période festivalqui est celle d’une sorte de parc public, entre guillemets, même si ça en reste un parc privé.

 

Nicolas Guillermou : Mais que vous ouvrez, en tout cas que vous laissez ouvert au public.

 

Ben Barbaud : Tout à fait. Alors ça s’est fait finalement, les éléments ont fait qu’on a dévié vers ça, vers cette utilité de parc public. Ça s’est développé, moi je suis quelqu’un du territoire, donc c’est quelque chose maintenant qui me hape beaucoup justement, de pouvoir, au-delà de l’événement et aux gens, j’ai conscience aujourd’hui de l’aura de la marque Hellfest, de ce qu’elle peut fairede ce qu’elle fait briller entre guillemets et donc aujourd’hui ce Park il y a effectivement une volonté de notre part de l’inscrire dans une démarche touristique du territoire et donc voilà ça se développe au fur et à mesure on est extrêmement contents. Une brasserie est ouverte récemment, un parc de jeux pour enfants, l’an prochain un skatepark va venir également. C’est important pour moi qui suis un amoureux du territoire de pouvoir continuer à faire vivre effectivement cet événement au-delà de ces 4 jours de festivité. Donc c’est vachement excitant, mais ça ne s’est pas fait, entre guillemetsje vais même dire que l’anecdote, elle a été qu’aujourd’hui, le terrain du Hellfest est traversé par une route communale, qui par définition doit être accessible à tous et à toutes. Et donc on avait un petit portillon qui donnait accès à cette route communale et les gens, c’était à l’issue d’un article qui était passé dans un journal local, je ne sais plus lequel exactement, qui signifiait qu’effectivement, du fait de l’existence de cette route communale, le Park Hellfest, était visitable. Et donc, les gens ont pris cette information au pied de la lettre et s’est développée au fur et à mesure. On voyait fleurir des voitures aux abords du site tous les week-ends, dès qu’il y avait un rayon de soleil, de gens qui venaient avec leurs enfants en vélo, en poussette, des gens qui venaient faire des footings, etc. Et de là, effectivement, a émergé cette idée de se dire, mais est-ce qu’on ne développerait pas quelque chose en parallèle qui viendrait plutôt à développer ce ParK de façon vraiment dans un développement dit d’intérêt général, même s’il s’agit, comme je te le disais aujourd’hui, les gens qui viendraient auraient toute raison de penser qu’il s’agit d’un parc public finalement, alors que sa particularité c’est que non, c’est un parc privé. Tout son entretien, son développement est géré et généré par l’activité du festival et donc par les festivaliers eux-mêmes. C’est les festivaliers eux-mêmes et moi je suis extrêmement fier de pouvoir justement dire aux Clissonnais, écoutez, si aujourd’hui ce park est évidemment gratuit, accessible gratuitement, entretenu, non pas par les budgets communaux, mais par les caisses de l’association, c’est aussi rendre l’appareil finalement aux habitants de Clisson, qui ont accueilli ces festivaliers, qui les acceptent dorénavant, et aujourd’hui c’est une contrepartie, c’est considéré peut-être que les festivaliers qui… participent à l’essor de ce festival qui lui permettent d’exister, je peux entendre que c’est contraignant pour un certain nombre de clissonnais d’accueillir autant de monde, c’est beaucoup de désagréments. Mais la contrepartie, effectivement, c’est qu’aujourd’hui, ce parc qui est entièrement autofinancé grâce aux festivaliers, leur permet, entre guillemets, un juste retour des choses. Donc moi qui suis du territoire, c’est important. Et effectivement, dans les projets à venir, il y a évidemment toujours continué à faire évoluer le festival, toujoursêtre à l’écoute au maximum de ce que les festivaliers attendent de nous sur cet événement. Mais il y a aussi ce deuxième volet dont on parle actuellement, qui est le développement de ce parc, qui me tient extrêmement à cœur et pour lequel, effectivement, on a encore beaucoup d’idées qu’on souhaite évidemment garder de nature gratuite. Donc, il n’est pas question aujourd’hui de se projeter en tant que park d’attraction ou en tant que… Non, non, c’est vraiment, effectivement, donner l’opportunité aux clissonnais et aux gens un peu plus loin de Clisson de venir découvrir l’ADN Hellfest, l’esthétique Hellfest, à travers des promenades, même si finalement on n’a pas la chance de pouvoir assister au festival, on peut quand même venir y goûter, durant toute l’année, un petit peu de son ADN.

 

Nicolas Guillermou : On est à quelques semaines de l’édition 2026, j’imagine qu’elle est déjà bien lancée, peut-être même sur certains sujets, vous travaillez sur l’édition 2027 ? Si on se projette comme ça sur le retour d’expérience 2024-2025 et puis les deux prochaines éditions, pour vous qui êtes déjà quand même très bien rodé, c’est quoi les grands enjeux encore aujourd’hui, les axes d’amélioration que vous avez vus et sur lesquels vous travaillez pour ces prochaines éditions ? Est-ce que c’est des sujets de programmation où il faut sans cesse se renouveler ? Est-ce que c’est les questions de flux, d’hébergement d’autant de personnes ? Quels sont un peu vos sujets principaux ?

 

Ben Barbaud : Donc là, on va fêter la 19e édition du festival. Donc ce profil en 2027, la 20e édition, je n’irai pas dévoiler aujourd’hui tout ce qui se trame dans nos cerveaux respectifs pour justement fêter ce 20e anniversaire. Mais j’ai conscience aujourd’hui, c’est une règle aujourd’hui dans l’entertainment, c’est d’avoir toujours cette capacité à surprendre. Aujourd’hui, pour moi, un événement qui vit sur ses acquis sans jamais se remettre en question, sans jamais faire évoluer sa formule, est un événement qui… commencent déjà à perdre en popularité. Donc nous, effectivement, comme n’importe quel business model qui fonctionne bien, notre intérêt est effectivement de le maintenir, de pouvoir l’améliorer en fonction des retours qu’on a des festivaliers et le faire évoluer de façon à ce qu’on maintienne cette envie des festivaliers de participer chaque année au festival. Donc ta question, effectivement, est très pertinente puisque cette année, on se prépare, comme on le fait maintenant depuis 19 ans, à organiser cette 19e édition. Mais les équipes, je te l’avoue, sont déjà extrêmement mobilisées plutôt sur ce qu’on va changer en 2027. Ce qui va être pour nous, on va attaquer, ça signera la fin de la deuxième décennie d’existence du festival, l’ouverture d’une troisième décennie. Et ça fait partie des réflexions qu’on a eues en interne ici, de cette nécessité de se réinventer, pour aller redynamiser, pour aller rechercher cet état de curiosité chez les fans, cet état de surprise. qui a, selon moi, expliqué beaucoup la réussite aujourd’hui du festival. C’est cette capacité à surprendre, c’est cette capacité à émerveiller. Et donc, il faut sans cesse, dans l’entertainment, quel que soit le métier, être dans cette recherche d’émerveillement perpétuel et donc se réinventer. Et donc là, on est en pleine phase. Quels sont nos projets ? Ils sont ambitieux. On est tous d’ailleurs très pressés de pouvoir avancer sur ces idées-là. Donc voilà. En tout cas, c’est la politique ici, chez nous. C’est de ne jamais s’endormir sur nos acquis. On pourrait considérer que le Hellfest maintenant est à un niveau et qu’on peut tranquillement dormir sur nos deux oreilles, continuer à profiter effectivement de cet état de succès. Mais ça serait déjà, à mon avis, le début de la fin d’un événement. Pour moi, il faut toujours justement être en recherche perpétuelle de surprises. pour maintenir justement l’excitation chez les fans.

 

Nicolas Guillermou : Et toi, tu as toujours une excitation à la veille de la mise en vente des billets, à la veille de l’ouverture de la billetterie ?

 

Ben Barbaud : Je suis toujours excité par les nouveautés qu’on met en place. Je ne vais pas dire qu’on est arrivé maintenant dans une espèce de plan-plan quotidien. Même moi, il m’arrive d’oublier quand est-ce qu’on met en vente les places, c’est de me réveiller deux jours après pour me dire au fait, c’est complet. Oui, évidemment, ça a été complet en dix minutes. Je dis, très bien. Mais par contre, il y a une véritable envie ici et elle est partagée par l’ensemble des gens qui travaillent ici, c’est cette nécessité de se réinventer. Je pense que si demain, il n’y avait plus cette volonté qu’on restait sur nos acquis sans vouloir bouger le modèle, je pense qu’il y aurait beaucoup de gens qui commenceraient à se lasser. Moi, le premier. J’avoue que ce qui est très excitant dans ce métier-là, c’est de pouvoir réinventer des choses, prendre des risques, être impatient de les faire découvrir au public, de voir quels sont leurs retours. Ça nous arrive de nous tromper, d’ailleurs. de mettre en place un certain nombre de nouveautés. Et puis finalement, ça ne fait pas l’effet. C’est normal, mais c’est ça qui est excitant pour les équipes, de pouvoir travailler sur des nouveautés chaque année. C’est ce dont on se nourrit chaque année.

 

Nicolas Guillermou : Tu parlais un peu de ratio tout à l’heure financier par rapport au festival comparable. Est-ce que sur le côté fidélité des festivaliers, tu as des notions aussi de ratio en disant qu’il y a X% des gens qui reviennent systématiquement d’une édition sur l’autre par rapport peut-être à d’autres festivals qui sont plus généraux finalement dans le style de musique et où les gens viennent peut-être autant pour le festival que pour l’artiste.

 

Ben Barbaud : Je n’ai pas ces chiffres en tête, en taux de renouvellement, je ne sais pas précisément. C’est compliqué chez nous, sachant que c’est un peu une loterie finalement quand on met nos billets en vente. C’est-à-dire qu’il est difficile pour nous de jauger quels sont les… publics qu’on peut dire fidèle. On sait qu’on en a, évidemment. Le tout de renouvellement doit malgré tout être important parce que l’effet loterie, entre guillemets, chez nous, ça veut dire que c’est, entre guillemets, chacun pour soi.

 

Nicolas Guillermou : Il y a des gens qui voudraient revenir et qui ne peuvent pas parce qu’ils n’ont pas réussi à avoir de vie.

 

Ben Barbaud : Je connais des gens extrêmement fidèles qui, chaque année, me font signe en disant « Cette année, je n’ai pas réussi à avoir mes places. » C’est vrai que c’est compliqué, entre guillemets, pour nous de savoir. Mais bon, Merci. C’est la particularité du Hellfest, peut-être comparé à d’autres événements, c’est qu’on s’adresse, nous, à un public extrêmement passionné, extrêmement fétichiste, beaucoup moins volatile que sur des festivals plus grand public. Ce n’est pas du tout une reproche que je fais au festival grand public, il en faut pour tout. Mais nous, effectivement, on sait qu’on a une fan base, entre guillemets. À partir du moment où on arrive à leur donner véritablement ce qu’ils viennent chercher, c’est des gens qui se fidélisent très vite, qui ont envie très vite de participer. Le Hellfest est un marqueur social en plus. C’est pour partie des gens un marqueur social qui est important, dont certains sont extrêmement fiers, dont certains arborent les couleurs, dont certains se font tatouer le logo. Je ne suis pas là pour juger. 

 

Nicolas Guillermou : Non, non, mais c’est très fort. 

 

Ben Barbaud : Effectivement, on a une communauté de fans qui est dans le métal. Ça a toujours été le métal, le punk, le hardcore extrêmement reconnu. Quand on est fan de ces musiques-là, c’est de la fan attitude poussée. Ce qui n’est peut-être pas le cas effectivement aujourd’hui d’un public, d’un plus grand public qui est plus volatile. Qui est peut-être plus volatile au mode, qui est peut-être plus volatile à ce qui marche, ce qui marche moins, etc. Donc nous, c’est une chance. On pourrait avoir Iron Maiden tous les ans, que les gens seraient contents tous les ans. Alors que peut-être que sur des événements plus grand public, il faut savoir s’adapter aux tendances, avoir les artistes du moment. Et puis l’artiste du moment qui était l’artiste en vogue il y a deux ans n’est plus du tout celui-là deux ans après. Nous, cet avantage, c’est qu’on a des artistes qui sont, pour certains, arrivés à la postérité. C’est-à-dire que ça dépasse toutes les générations. Alors c’est vrai que pour la plupart, ils arrivent plutôt en fin de vie. C’est ça, mais c’est une chance pour nous qui organisons un tel événement, effectivement, de pouvoir compter sur une telle fidélité.

 

Nicolas Guillermou : Si on rentre un peu dans tes coulisses, est-ce que tu aurais une anecdote, le peut-être moment qui t’a marqué pendant le festival, d’une rencontre, d’un échange avec un artiste, avec un spectateur ? Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a touché comme ça ?

 

Ben Barbaud : Je n’en ai pas une précisément. J’ai énormément une multitude d’images correspondant à différents états de conscience que j’avais en moi à l’époque, qui peuvent être des ressentis anxieux, négatifs ou extrêmement positifs, etc. Mais je n’en ai pas un qui ressort vraiment du lot comme ça. Mais par contre, j’ai une multitude de… Voilà, c’est parce qu’on vit un événement comme ça. Aujourd’hui, un festival, c’est une aventure humaine, c’est une montée en puissance, comme on le disait qui sur un an finalement, on emmène un certain nombre de gens avec nous qui participent à l’aventure. Et on a cette réalisation de projet qui se déroule durant quatre jours. Et rien qu’avoir vécu toute cette aventure durant tout ce laps de temps était ça une chance absolument incroyable. Donc on se nourrit de ça finalement.

 

Nicolas Guillermou : Est-ce que tu aurais une frayeur ou quelque chose à un moment donné que tu t’es dit là ça peut faire dérailler un peu la machine ?

 

Ben Barbaud : La crainte que je pourrais avoir parce que je me vois vivre…

 

Nicolas Guillermou : Une frayeur que tu as vécu, genre le système de billetterie qui ne marche pas au moment où on ouvre les portes ?

 

Ben Barbaud : Comme je te le disais, j’en ai eu une multitude. Je ne les compte même plus les sources parce que je peux être quelqu’un d’extrêmement persévérant, d’extrêmement résilient, mais je pense que ça cache derrière moi quelqu’un de très anxieux. Je suis de nature très anxieux. Je passe énormément le temps… de temps à réfléchir et à me faire des scénarios dans ma tête, des scénarios de catastrophes. C’est peut-être aussi à force de ruminer tous ces scénarios catastrophes qui, 99% du temps, ne se déroulent jamais, mais c’est parce que mon cerveau aime à les anticiper que j’en suis devenu extrêmement pointilleux sur énormément de choses à faire sur le festival. Mais j’ai des sources d’angoisse. Je pourrais écrire une encyclopédie sur tout ce qui aujourd’hui m’a fait peur sur le festival depuis maintenant plus de 20 ans.

 

Nicolas Guillermou : Et pendant les 4 jours, si tu arrives à prendre 5 minutes, 10 minutes pour toi, c’est quoi le spot, l’endroit où tu t’aimes à te retrouver pour juste souffler ? 

 

Ben Barbaud : Chez moi. 

 

Nicolas Guillermou : Chez toi ? Tu as passé par chez toi pendant le festival ?

 

Ben Barbaud : J’habite à 500 mètres à vol d’oiseau du festival. 

 

Nicolas Guillermou : Oui, mais on pourrait imaginer que tu ne dors pas pendant 4 jours. 

 

Ben Barbaud : J’ai ce luxe de pouvoir rentrer chez moi quand même dans mon lit, à contrario de tous ceux qui dorment dans les choix au camping, etc., d’avoir un certain… Non, je ne suis beaucoup moins… Sur la période d’exploitation, quand je te parlais de situations un peu anxieuses, elles sont plus liées à étaler sur une année complète que plutôt sur le festival en tant que tel. Maintenant, j’ai eu bonne conscience que les gens qui entourent ce festival, qui l’organisent, les gens qui participent, donc des bénévoles jusqu’aux techniciens, jusqu’à l’équipe du noyau du récit, sont des gens extrêmement compétents, expérimentés. Donc je sais prendre le recul nécessaire. Maintenant, je ne suis plus dans la gestion de crise au festival. Moi, je fais beaucoup de RP, d’accueil, etc. Mais je vis un festival durant l’exploitation finalement assez calme. Je suis très excité avant le festival, quand il faut tout préparer. Mais une fois que la machine est lancée, finalement, je suis plus dans un rôle d’observateur, de spectateur. J’aime beaucoup me balader sur le festival, parce que j’aime bien prendre la température, voir les gens évoluer. Ça nous permet parfois de voir des choses qui, sur le festival, on ne les voit pas forcément sur plan. On ne les a pas non plus imaginées ou anticipées avant parce qu’on ne voyait pas l’action. Sur place, c’est intéressant de venir voir et ça me permet effectivement d’avoir des informations et de dire, tiens, ça l’année prochaine, il faudra sans doute qu’on change ceci, cela. Et ça permet de se projeter. Je sais que j’aime beaucoup faire ça. C’est plutôt un travail en solo, ça, qui me permet ensuite d’aller distiller les informations aux différentes équipes en disant, tiens, il faudrait qu’on puisse plutôt aller dans cette direction ou autre. Après, effectivement, la difficulté, c’est de pouvoir faire un run sans être reconnu. Mais les festivaliers ont toujours été extrêmement gentils avec moi, reconnaissants. Mais ça ne me permet pas forcément d’avoir une liberté aussi simple que si j’étais un inconnu. Je suis surpris d’ailleurs parce que je réalise quand même de moins en moins d’interviews. Il y a une période où on s’est beaucoup basé là-dessus, où je rependais énormément, où j’étais exposé. Mais depuis plusieurs années, je le suis beaucoup moins. Et je suis encore surpris de voir des gens qui me reconnaissent. Je ne suis pas un artiste, je ne suis pas sur scène. Mais bon, c’est comme ça. Donc voilà, c’est toujours plaisant. Je ne vais pas dire le contraire.

 

Nicolas Guillermou : On va faire un tout petit pas de côté. On a parlé de l’implication du Hellfest dans la vie locale, même au-delà de Clisson. On peut voir le nom et le logo Hellfest à la Beaujoire. Est-ce que tu peux nous raconter en quelques mots aussi la genèse de ce partenariat où il y a même eu quelques matchs avec le logo sur le maillot, je crois ?

 

Ben Barbaud : Alors, je vais être tout à fait honnête. Il n’y a rien de stratégique là-dedans. Si on parle de marketing, si on parle de profitabilité, non. Hellfest n’avait pas besoin d’aller s’afficher sur les tenues du FC Nantes pour demain. Elle s’explique juste un peu, parce que c’est ma deuxième passion. Depuis tout jeune, j’étais fan, comme je le disais, de hardcore, de punk. Et de foot ? Parallèlement, pas de foot, uniquement du FC Nantes. Que j’hérite de par mon histoire familiale, essentiellement avec mon grand-père d’ailleurs, qui m’a énormément entraîné et qui m’a appris. J’ai eu cette chance, contrairement aux générations actuelles, de connaître les grandes années. Donc ça m’a permis, comparé aux générations actuelles, de m’attacher à ce club-là. Et maintenant, c’est indéfectible. Et donc, effectivement, j’ai trouvé en plus que ce pas de côté, entre guillemets, un peu surprenant d’un événement musical assez ciblé, comme le Hellfest, avec finalement un club de football très populaire, ça faisait une sorte de grand écart qui, moi, me faisait marrer et qui amène, je trouve, une association inattendue. et moi j’aime beaucoup être dans les associations inattendues c’est à dire que je vous en parlais tout à l’heure de cette nécessité d’être toujours dans la surprise avec les gens qui participent au Hellfest, ça en fait partie un petit peu Mais je ne vais quand même pas mentir en disant que la première des motivations, elle est peut-être complètement égoïste. Elle est voilà, qu’aujourd’hui, le ‘Fest fait partie des événements importants de la région. On peut considérer qu’il y a beaucoup de points communs entre nous, on fait dans l’entertainment. Aujourd’hui, le sport ou la musique, ce sont des métiers qui sont censés amener des émotions, procurer des émotions aux spectateurs, soit dans le sport, soit dans la musique. Donc il y avait quelque chose à faire. ce sont deux belles entités de la de la de la région, donc ça paraissait naturel qu’au bout d’un moment, je me suis dit c’est le moment de le faire.

 

Nicolas Guillermou : On va conclure ce podcast. On l’a dit, fêter ses 20 ans. Dans 20 ans, toi, Ben, où est-ce que tu seras ? Qu’est-ce que tu feras ?

 

Ben Barbaud : C’est une bonne question que je ne sais pas quoi répondre. Vu que je suis quelqu’un de projet, je suppose que je serai encore à paix sur des choses. Il faudra que je continue à me projeter, quoi qu’il arrive. Je ne sais pas quels seront dans 20 ans les éventuels projets. Est-ce que le festival existera toujours ? Est-ce qu’il aura évolué ? Est-ce que je l’aurai complètement transmis ? Que je serai parti vers d’autres aventures ? Je me sens encore plein d’énergie. Je me sens quand même plus sage que je ne l’étais il y a 20 ans, dans les années où je prenais des risques qui paraissent incommensurables et que je ne reprendrai plus maintenant. Quand je fais vraiment un récapitulatif de mon parcours, je me dis que c’est vrai que les risques que j’ai pris à l’époque, que c’était… j’étais submergé sans doute de beaucoup de naïveté je ne le ferais plus maintenant mais bon ça ne m’empêche pas effectivement d’avoir d’autres projets, je suis très curieux donc peut-être que ces autres projets n’auront pas forcément quelque chose à voir avec le spectacle vivant, je sais que par exemple l’ouverture de la brasserie qui s’est faite aux portes du festival a été un moment pour moi assez plaisant de découvrir le milieu de la restauration que je ne connaissais pas du tout, donc voilà je me nourris de tous ces trucs là, ce que je ne me pose pas encore c’est que aujourd’hui, il y a de beaux projets en cours et de belles ambitions au sein du festival. Je te parlais tout à l’heure que nous allons clore cette deuxième décennie en 2027, ouvrir une troisième décennie et cette troisième décennie doit effectivement nous permettre de redynamiser. C’est très excitant pour moi et également pour les équipes. Tant que j’aurai toujours cette excitation, ça continuera.

 

Nicolas Guillermou : On a hâte de suivre tout ça. Merci beaucoup Ben pour ta disponibilité. Et puis surtout n’oubliez pas, dans l’événementiel, on n’a pas un métier facile, mais c’est quand même mieux que de travailler. 

 

Générique : Merci beaucoup d’avoir écouté jusqu’au bout ce podcast de Good Morning Event. N’hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez. le podcast et même un petit commentaire sur Spotify. Ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l’adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.