Générique : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Good Morning Event, le podcast de l’événementiel.
Nicolas Guillermou : Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Good Morning Event. Aujourd’hui, je suis avec Laurent. Laurent bonjour.
Laurent Knobloch : Salut.
Nicolas Guillermou : Tu t’appelles Laurent Knobloch et tu es directeur de production du couvent des Jacobins à Rennes. On va s’intéresser à tout ton parcours très riche dans l’événementiel et notamment un passage avec Disneyland Paris, puis ta propre société de production Air-Bis. Tout ça pendant dix ans avant de prendre en main l’un des lieux de l’événementiel les plus complexes et passionnants de l’Ouest à Rennes, qui s’appelle le couvent des Jacobins. Laurent, est-ce que tu peux déjà en quelques mots nous dire comment est-ce que tu as découvert ce monde de l’événementiel ?
Laurent Knobloch : Je l’ai découvert étudiant en fait. Étudiant, j’étais en tech de co et puis la première aventure ça a été comment devenir président du BDE. Et donc, ça a commencé comme ça. Donc, ça a été un peu des élections à l’américaine. Donc, je suis devenu président de mon BDE. J’étais dans l’Aube à Troyes. Et puis derrière, c’est créer des initiatives aussi pour ramener de l’argent aussi au sein du BDE. Donc, ça a été une multitude d’événements. Ça a commencé par des défilés de mode, du démarchage de prestataires, de partenaires, une organisation de réunir 300 IUT en fait de France à Isola 2000. Donc ça a été, je vais vraiment commencer comme ça. À l’issue de ça après il y a eu des stages. Les stages donc moi je les ai fait sur Paris. Il y avait un festival à l’époque qui s’appelait Festival du film de Paris qui était un festival de cinéma et puis j’étais stagiaire. Là il y a eu de très belles rencontres et puis après la fin des études, moi après je suis parti un an au Guadeloupe vendre des fruits donc rien à voir. Je suis revenu sur Paris pour mon service nationale, et puis de là, en fait, comme j’ai eu la chance d’être à l’état-major de l’armée, je finissais à 17h. Et donc, je me suis inscrit dans des agences d’hôtesses et j’étais booker. Et donc, je travaillais avec ces agences pour organiser, en fait, du moins recruter du personnel pour des événements divers autour du cinéma et pas spécialement. Ça pouvait être des voituriers Roland Garros, ça pouvait être des voituriers aussi pour les Victoires de la Musique. Et donc, en fait, je suis resté dans ce milieu. Et après, à travers de belles rencontres, j’ai postulé dans une première agence qui s’appelait Far Organisation. Donc j’ai quelques mentors, Fabien Coruble qui est un de mes mentors, qui m’a fait confiance pour postuler en qualité de régisseur. Lui travaillait pas mal pour à l’époque ce qu’on appelait TSO, c’était Thierry Sabine Organisation. Donc avec l’organisation, lui travaillait sur tout ce qui était Dakar et travaillait aussi avec le Tour de France. Donc j’ai eu l’occasion de faire des Tours de France aussi à l’époque. On appelait ça la caravane Ola maintenant, qui s’appelle, je ne sais même plus, Orange. Donc il y a eu France Télécom, Mobile et bon bref, etc. Et donc j’ai baigné dans ce milieu de l’événementiel. A l’issue de ça, après un autre mentor que j’ai rencontré, qui s’appelle Frédéric Beauchene, qui m’avait fait rêver, un navigateur un peu foufou qui avait fait sa traversée d’Atlantique à la planche à voile. Et j’ai intégré sa boîte en fait, qui était au Parc des Princes. Et nous, ce qu’on devait faire, un peu ce qui est maintenant le pendant du Consortium Stade de France, on devait développer en fait le Parc des Princes pour des animations, pour des événements assez grandioses. Et donc j’ai travaillé avec Fred Beauchene pendant quelques années et notamment la dernière en date, je vais la dire avant d’arriver au Couvent mais je fais une petite coupure, c’était en décembre 2016, c’est l’Indoor de France, les championnats du monde de planche à voile à Bercy, sur lesquels j’avais commencé en fait avec, je dis Beauchene, à l’époque dans ces années-là. Après pas mal d’années d’intermittence, ils m’ont appris pas mal de choses dans le métier. Parce que la régie c’est un petit peu tout. C’est la compréhension de différents corps de métier que je ne connaissais pas spécialement. Très bien formé déjà de par ces deux sociétés. Après j’ai intégré le groupe Omnicom. Donc là ça a été complètement différent. C’était des tournées événementielles. Un peu tous les roadshows qu’on appelait les roadshows. Donc là deuxième, troisième mentor. M. Garamond, Jérôme Garamond. A l’époque ça s’appelait Animation 1. Donc pas mal de tournées événementielles. Et puis un jour il y a eu un lancement de produit pour une marque d’alcool qui appartient à LVMH. Et donc là ça a été un peu différent. C’était ce qu’on appelle la force de vente supplétive. Donc c’est du référencement en fait d’alcool en CHR, café, hôtel, restaurant. Et des activations en fait en boîte de nuit. Cinq bars, une discothèque par soir avec deux jours de relâche. Et puis dix équipes sur la France. Et puis j’ai été chassé par Disney pendant ces années-là. Première année, j’étais très bien. Je travaillais pas mal dans le monde de la nuit, donc qui me plaisait beaucoup. Et en fait, tout mon passé d’événements sportifs avec Beauchene m’avait rattrapé. Et c’est là que Disney venait me chercher pour créer des événements spéciaux sur Disney et faire venir une population qui allait consommer leur passion, donc le sport d’extrême notamment. Et on me demandait de développer ça à Disney. C’est comme ça que je suis rentré à Disney. Donc j’ai été recruté. L’anecdote, elle est assez rigolote parce qu’à l’époque de Fred Beauchene, on organisait en fait 18 trous dans les parcs et jardins de Paris. Donc il y avait gros sponsors, etc. C’était un pro amateur. Et il y avait un de mes prestataires techniques et je vais le voir. Je lui dis écoute, voilà, dans deux heures on ouvre. Il faudrait que tu mettes les bouchées doubles dans deux heures on ouvre. Et la personne me regarde en me disant écoute, non, t’as dû te tromper de personne. Écoute, non, je ne me suis pas trompé de personne. Je fais écoute Xavier, mets les bouchées doubles, il faut y aller. Je lui ai dit non, vous devez vous tromper, c’est mon frère jumeau. Et c’est comme ça que j’ai rencontré le vice-président de Disneyland Paris. Donc l’anecdote qui était un de nos partenaires puisqu’ils ont un golf à Disney. Donc le partenaire était là et puis je l’avais accroché. Donc ça avait fighté entre nous. Et puis après il y a des années qui sont passées. Et puis lui c’était un féru aussi de sport d’extrême. Il voulait développer aussi le côté Disney Village avec les sports d’extrême. Et c’est comme ça que je suis rentré chez eux. Avec un intitulé de poste Special Event Manager. C’était assez incroyable. De très belles années. Et puis, à un moment donné, on a requalifié un peu le poste parce que j’étais un manager. Globalement, je n’avais pas d’équipe au début. Donc, je dépendais en fait de pas mal d’idées, de pas mal de concepts. Et puis, tout s’est réalisé. On a monté en fait ce qu’on appelle un ticket to ride. Donc là, c’est une rampe de snowboard qui monte à presque 40 mètres de haut avec un gros dénivelé double quarter pipe, et puis voilà, les plus gros sportifs en fait d’extrême de ce sport, venaient à Disney, les championnats du monde de paintball. Ça a été aussi du FMX sur les parkings, donc là c’est du motocross acrobatique. Ça a été une multitude de sports d’extrême, les championnats d’Europe de jet-ski aussi sur le lac. Donc ça a été des années complètement incroyables. Et puis après ça s’est recentré sur la rencontre professionnelle avec un lieu, un chapiteau qui est à Disney, qui existe toujours. Et donc là, il fallait développer de la rencontre pro, travailler étroitement avec les hôtels. Maintenant, il y a DBS, Disney Business Solutions, qui s’est créé à l’époque pour justement développer toute cette partie rencontre pro et vendre la destination Disneyland Paris. Donc j’ai fait trois ans, trois ans et demi là-bas.
Nicolas Guillermou : Il y a tout un espace de congrès à Disney. J’ai eu la chance d’être invité en 2007. Je ne sais pas s’il était en temps encore.
Laurent Knobloch : Il faut que je retrouve les dates, je ne sais plus.
Nicolas Guillermou : C’était la Coupe du Monde de rugby. Et en fait, c’était un événement où tous les volontaires de la Coupe du Monde de rugby de toute la France étaient invités. C’était Thierry Gilardi qui était au micro dans cette immense salle de congrès à Disney qui est cachée un peu au fond du parc.
Laurent Knobloch : C’est Venturi, je crois. Non, ce n’est pas Venturi.
Nicolas Guillermou : C’était effectivement comment allier à la fois le côté un peu magique Disney par l’attraction et puis le côté centre de convention avec tous les espaces au sol.
Laurent Knobloch : Moi, ça a été en fait cette période Disney. C’est une super école, c’est un super lieu, c’est un contexte qui m’a marqué. C’est vraiment une étape de ma vie aussi hyper importante. Et à l’issue de ça, j’ai décidé d’arrêter cette collaboration avec Disney. Merci Pascal, le vice-président. C’est vrai que je lui ai annoncé, j’ai démissionné. J’ai démissionné parce que j’avais envie d’autre chose. Et là, j’ai eu la chance d’être intégré à une agence qui m’a dit, écoute Laurent, on n’a pas les moyens. Voilà, on aime ton profil. Après, en termes de structure, on n’a pas les finances pour t’avoir. Mais par contre, on t’offre les bureaux et en échange, tu fais du storytelling, tu réponds à des appels d’offres et tu nous aides dans ce développement. Donc c’était un échange, on va dire un échange de marchandises. Moi, après, en parallèle de ça, j’ai commencé à développer ma structure. Du moins, ma structure au départ, j’ai commencé dans ces époques où c’était le début de l’auto-entrepreneur.
Nicolas Guillermou : Oui, on est en 2007 là ?
Laurent Knobloch : Oui, exactement. Donc, j’ai commencé auto-entrepreneur et à l’issue de ça, j’ai éclaté les plafonds et de ces plafonds, il a fallu à un moment donné monter une structure. Et de cette structure, après, j’ai dit à cette agence qui s’appelait Globalcom,je dis à Olivier, « Bah écoute, je gagne ma vie, je vais te payer en fait un loyer. Et puis, si tu as besoin de moi, c’est une sorte de bon procédé, de facture ». Et puis, ça a été génial parce que gros événement aussi. On a loué le Grand Palais à l’époque. Il vient me voir et puis Olivier me dit, même c’était Thomas, son associé, qui me dit écoute Laurent, on a super événement à monter avec Orangina. Il y a l’arrivée de Red Bull en France, mais Orangina veut se positionner dans ton ADN qui est le sport d’extrême. Il faut que tu nous pondes un événement. Donc là j’ai réuni toute mon équipe et puis en 48 heures, franchement on a bossé 48 heures, j’ai monté tout un business plan sur l’événement que je voulais monter. Un gros montage vidéo d’une minute trente pour vendre un événement qui s’appelait Orangina Gliss & Mix au Grand Palais. On avait déjà réservé Grand Palais, on avait réservé les sites, on avait déposé la marque, tout un tas de choses. Donc on s’était complètement éclaté, en plus on était vraiment outsider là-dessus. Et puis on a gagné ce gros gros événement de sport d’extrême qui s’est passé au Grand Palais. Donc là pareil, même principe, double quarter pipe, deux bassins olympiques dans le Grand Palais, on a fait du skirrix donc c’est du wakeboard acrobatique dans le Grand Palais, une grosse scène musicale. Je reprenais en fait cet ADN que j’avais eu à Disney dans mes débuts et puis être un peu sur le côté convention donc vraiment reprendre en fait tous ces sports. Et voilà, je trippais. Puis après le développement d’Air-Bis. Air-Bis c’est une rencontre avec une autre personne qui s’appelait Laurent, qui avait monté en fait sa société à l’époque, que j’ai rachetée. Et puis j’ai développé et puis après on s’est développé. On a racheté des bureaux, on était une bonne équipe. Et en fait Air-Bis c’était une marque blanche au préalable. Je ne voulais pas me développer en qualité d’agence pour arriver, me mettre en compétition avec mes clients. Mes clients étaient les agences puisque j’étais marque blanc.
Nicolas Guillermou : Les grosses agences parisiennes.
Laurent Knobloch : Les grosses agences parisiennes pour lesquelles j’ai pas mal œuvré de gros événements. Donc là, ça pouvait être du lancement de produits, ça pouvait être la mode, ça pouvait être du sport.
Nicolas Guillermou : Sortie de la PlayStation 4 par exemple ?
Laurent Knobloch : Alors PS4, c’est complètement autre chose. Là, ça a été quelque chose d’assez insolite parce que globalement, par rapport à ce que je suis en train de te dire, c’est assez difficile en fait. Il y a une forme d’opportunité. Je suis en vacances. Quand t’es gérant de ta société, t’es en vacances, t’as quand même ton téléphone portable. Et donc là je suis appelé par Sony Entertainment qui me dit écoutez, on a entendu parler de vous, est-ce que vous pourriez répondre à un appel d’offre ? Oui, c’est un peu mon ADN aussi, du moins le principe c’est que je réponds soit pour des agences mais en marque blanche. Donc ils me demandent en fait de justifier tout ça. Je dis écoutez, je peux pas parce que j’ai des clauses aussi puisque je suis une marque blanche, donc j’écris pour. Et en l’occurrence, on peut se voir puisque j’ai autorité à vous montrer ce que j’ai fait, mais je peux rien vous envoyer. Après, sous la gouvernance de mes clients bien sûr. Et donc derrière, on se retrouve on est sixième agence en fait à répondre à PS4, c’était lancement d’un PS4, lancement Europe, et puis on le gagne. Donc là, c’est une autre histoire de Air-Bis parce qu’à un moment donné, tes clients te disent bah, en fait, vous êtes devenu un concurrent. Donc j’explique pourquoi, parce qu’à un moment donné c’est quand même une opportunité. C’est un autre développement après qui se fait.
Nicolas Guillermou : Il se passe quoi sur le lancement de PS4 ?
Laurent Knobloch : Comment ça il se passe quoi ?
Nicolas Guillermou : Qu’est-ce que vous avez produit à ce moment-là ?
Laurent Knobloch : L’événement en fait c’était le lancement Europe, donc rendez-vous presse. Donc là gros rendez-vous presse avec une multitude aussi de têtes d’affiches, de personnalités aussi qui venaient. Donc c’était trouver un lieu et puis raconter une histoire. J’ai vraiment raconté une histoire, j’allais dire un peu à l’ancienne. Je ne suis pas arrivé avec un PowerPoint. Je suis arrivé en fait avec des formats Kadapak. Et puis on a travaillé plus en fait des moodboards, une tendance et sur quoi on les emmenait. On a vraiment en fait, c’était l’ADN aussi d’Air-Bis. C’était d’aller aussi sur quelque chose d’assez innovant, pas bling, impactant et avec beaucoup de créativité. Ce qui était assez dingue, c’est qu’on gagne le projet sur l’histoire qu’on allait raconter derrière, parce qu’on racontait vraiment une histoire. C’était une expérience. Il y avait le côté expérientiel. Moi, ce que je recherchais dans mes événements, c’est qu’il ne fallait pas être uniquement contemplatif. Il fallait qu’il y ait une expérience client et que le client vive quelque chose depuis le début. Depuis, on va dire, le voucher, depuis l’invitation. Dès le départ, il fallait qu’il se crée quelque chose. Donc, on leur vend tout ça. Et même avec beaucoup de culot, parce que j’y suis allé avec du culot et je n’ai pas répondu sur l’entièreté de l’appel d’offre. Parce que je leur ai dit écoutez, moi je n’ai aucune raison de vous facturer un parterre de musiciens. J’ai dit vous avez Sony Music. J’ai dit à un moment donné vous avez les agents, vous avez les tourneurs, vous avez les artistes, vous avez le label. J’ai dit moi je ne vais pas vous facturer un artiste sur lequel je vais marger. J’ai dit voilà, le montant global de ma réponse, il n’y a pas ça. Donc ils nous ont trouvé assez créatifs, culotés, et on est reparti après d’une feuille. On a gardé quand même l’ADN du projet. Et puis, là, c’est une synergie. C’est une aventure avec des prestataires qui te suivent. Et puis, voilà, c’était un moment qui nous a vraiment propulsés. Je suis allé très, très loin. Je suis allé très, très loin parce que moi, en fait, quand tu me donnes un projet, une marque, je me piquouse sur la marque. Je deviens plus que la marque. Donc, je suis allé dans l’historique des lancements, la première PlayStation, la deuxième, la troisième. Ce qui s’est passé, je leur raconte toute l’histoire et je leur montre que je connais même pas plus qu’eux le produit, mais quelque part, je me piquouse à fond sur le produit et pour pouvoir vendre quelque chose. Et des anecdotes que je leur raconte sur le lancement de la PS. Je leur dis, écoutez, moi j’ai même réservé les espaces de co dès le départ sur la terrasse du lieu. Et dès le départ, voilà, la vue du périph’, la vue des choses. Et je dis, si Xbox se pointe de l’autre côté, ils ne vont pas cannibaliser mon événement qui sera le vôtre. Donc c’était tout ce côté créatif et puis piquouser la marque, je pense que ça avait marché. Et donc ça nous a lancé. Et puis après, c’était d’autres marques qui sont…
Nicolas Guillermou : TF1 par exemple aussi.
Laurent Knobloch : TF1, c’est une belle histoire, c’est une super histoire. Là ça a été… En fait je suis arrivé chez TF1, je suis arrivé en topper. On faisait un événement sur Paris, je suis arrivé en topper, j’ai demandé à rencontrer le responsable de TF1 Institute. En lui disant écoute oui mon métier c’est pas spécialement topper et derrière il y a autre chose en fait, il y a autre chose derrière Air-Bis. Et je lui dis, voilà ce que je peux te proposer. Je dis, voilà, ce qui serait génial, c’est de discuter un peu de tes plateaux, avec tes, je ne sais pas, le plateau du JT, le plateau de Danse avec les Stars, le plateau de 50 minutes inside. Et ça devient quoi entre les événements ? Et gros lobbying en interne. Et puis TF1 Institute s’est transformé en TF1 Event. Et puis ça a été un client de 10 ans, avec lequel, c’est marrant parce qu’il y a une grosse amitié qui s’est créée avec Stéphane Rives, qui était le patron de TF1 Events, maintenant qui est le patron de M6 Events. Donc avec lequel je suis encore en relation. Voilà, c’est une belle histoire. Et là on est retombé dans le monde du congrès, je suis retombé dans le monde de la convention, des très très grosses conventions, des très très gros congrès, des très gros incentives. Donc on a travaillé, après tout ce qui est incentive, tu connais, on a travaillé avec des… On renommait en fait après tout ça, mais il y avait On se faisait des formats un peu Koh-Lanta, mais ça ne s’appelait pas Koh-Lanta. Mais on avait le bénéfice de pouvoir récupérer aussi les animateurs, etc. Donc, le plateau du JT, quand tu fais une introduction à un congrès, c’est génial. Donc ça, c’était absolument une grosse force de frappe. Et puis, je ne sais pas combien d’événements on a fait, mais on en a fait énormément, énormément.
Nicolas Guillermou : Et tu as bossé aussi sur un événement que tu m’as déjà raconté plusieurs fois, que j’ai toujours trouvé assez incroyable. C’était la Nuit des ambassadeurs.
Laurent Knobloch : La Nuit des ambassadeurs,
Nicolas Guillermou : C’est quoi le concept déjà de cet événement ?
Laurent Knobloch : L’histoire de tout ça en fait sont des personnes qui organisaient, c’est Nico & Co, l’agence est devenue une agence. Après je ne sais pas comment elle s’appelait au préalable. C’est l’histoire en fait de deux copains d’école de commerce qui organisaient en fait des rallies. Donc je pense que ça a commencé comme ça. A l’issue de ça en fait ils ont commencé à monter des soirées privées. Des soirées qui étaient au début une centaine de personnes, après 600 personnes. Le principe des ambassadeurs, qui sont ces ambassadeurs ? En fait ce sont des « influenceurs », des dirigeants, des décisionnaires qui sont des boîtes du CAC 40 ou pas et qui ont un panel d’invités, une promesse d’invité qui peuvent venir sur les événements qui sont assez insolites. Ce sont les lieux qui sont méconnus du public qu’on essayait de trouver. C’est des jauges après qu’on gère par rapport à ces lieux. C’est toute une histoire, en fait, à chaque fois. Donc il y a une thématique, des thématiques qui sont diverses et variées selon les périodes. Moi j’ai le gros souvenir, j’en ai fait un paquet, donc je crois que mon plus gros souvenir d’événement, ça s’appelait Chaos, c’est une époque au mois d’octobre où on nous avait annoncé la fin du monde. Donc Nicolas, très farfelu, dit voilà, on va organiser la grosse soirée qui va s’appeler Chaos 2044 ou je ne sais plus quoi. Donc là, il me fait Lolo, il faut qu’on trouve un lieu. Donc, on se retrouve dans les anciens entrepôts de la Courneuve de l’EDF. Donc là, moi j’avais qualité chez eux, je venais pareil en marque blanche. Donc là, j’avais deux postures, directeur technique et puis directeur de production. Donc l’idée déjà, c’était de voir le lieu. Donc s’il respectait toutes les consignes de sécurité, de jauge et tout, etc. Et là, la thématique, c’était recréer un camp retranché à la Mad Max. Donc autant dire, c’était complètement fou.
Nicolas Guillermou : Des dizaines de voitures d’épaves, de feux, de spectacle.
Laurent Knobloch : Oui, après le spectacle c’est un grand performer. Après avec des associations qui nous ont mis des camions militaires. J’avais le chef déco de Mylène Farmer qui était là pour créer le carré VIP avec la Ford Capri de la voiture de Mad Max dans le carré VIP. Tout un tas d’événements. On a fait rentrer un voilier à l’intérieur, des partenaires complètement fous. Moi, c’est une quinzaine de plans pour Nico parce qu’il me faisait remodifier toutes ces choses qui étaient un peu complexes pour moi parce que je déposais les dossiers en préfecture. Et donc, il me dit au bout de, je ne sais pas, on était à trois mois de l’événement. Tiens, Lolo, j’ai une idée. On va mettre une piste d’auto-tamponneuse à l’intérieur de la salle. Voilà, ce sont des choses complètement farfelues et puis des événements complètement dingues. Donc, thématique, tu fais partie d’un clan, ce qu’ils appelaient les clans d’ambassadeurs avec les différentes marques. Et partenaires, donc des centaines et des centaines de personnes qui arrivent, tous déguisés. Donc tu dois arriver déguisé, costumé, avec le costume en fait de ton clan. Tu dois arriver avec le badge du lieu et puis le petit gimmick en plus. Donc si ce n’est pas ces trois items, tu ne peux pas rentrer en fait sur l’événement, même si ambassadeur ou pas. Donc après derrière on avait toujours une caravane à côté pour louer des costumes, on avait tout un tas de choses, un service de sécu mais complètement dingue. Et donc des soirées qui débutaient à 22h qui finissaient à 7h du matin avec toute une logistique et c’est assez rigolo parce que, tu m’en parlais de TF1 tout à l’heure, je crois qu’on a fait un 50 minutes inside sur ces soirées complètement dingues c’était les plus grosses soirées événementielles quand on dit soirée les plus grosses soirées parisiennes. C’était monstrueux donc j’en ai fait une vingtaine, quinzaine, je ne sais plus mais c’était des gros gros dossiers château de Vincennes. Château de Vincennes où tu te retrouves à faire une soirée un peu médiévale. Donc là, on travaille avec des performeurs du Puy-du-Fou, des structures monumentales à monter, des dossiers de sécu hyper complexes à monter parce que Château de Vincennes dépend à la fois de Vincennes et répond aussi à la mairie du XIIe selon l’endroit où tu te trouves et plus en fait les archives nationales depuis Napoléon qui sont stockées en dessous et toi t’arrives avec des grosses semi-remorques. Et donc ça, ça appartient aux militaires. Donc je ne t’explique pas des commissions de sécurité qui sont complètement folles et des dossiers où tu transpires. Et puis là, tu te retrouves, tu as 15 000 personnes.
Nicolas Guillermou : Gros événements.
Laurent Knobloch : Des gros, gros événements. C’était complètement fou.
Nicolas Guillermou : On a fait quelques événements ensemble. Moi, j’en retiendrai aussi le lancement de Range Rover dans les jardins du musée Rodin qu’on avait fait tous les deux.
Laurent Knobloch : Absolument.
Nicolas Guillermou : C’était un bel, beau lieu, magnifique lieu, belles statuts.
Laurent Knobloch : Beau lieu, belle salle en pleine, et puis des complexités aussi puisque… Là, on se retrouve sur une voile entrée de Rodin. Il y a toutes les ambassades qui sont à côté. Tu te retrouves tu as vu quand j’ai rameuté toutes les équipes en disant qu’on est en train de créer un bouchon, ça ne va pas le faire.
Nicolas Guillermou : Les invités qui arrivaient tous en même temps, les voituriers qui n’arrivaient pas à suivre. On a dû tous s’y mettre, récupérer les Range, les Ferrari et les Porsche pour aller les garer en urgence pour débloquer la rue.
Laurent Knobloch : Ça a été débloqué en peu de temps, mais c’était assez dantesque et assez complexe parce que tu étais dans un lieu aussi avec des œuvres, donc quelque chose d’assez compliqué. On ne va pas toucher quand ça circule dans le jardin. Très classe, avec une belle agence qui s’appelait Art de Vivre derrière, avec laquelle j’ai retravaillé après notamment où ils étaient. Dans le monde de l’automobile, j’ai fait Ferrari aussi avec eux. On partait d’Aix-en-Provence pour aller rejoindre les Voiles de Saint-Tropez avec 50 véhicules. Moi, j’avais 50 Ferraris qui me suivaient. Et je rejoignais mon homologue qui partait de Suisse, pareil, avec 50 Ferrari. Donc on a débarqué au bout d’une semaine puisqu’on partait d’Aix-en-Provence et puis on faisait tout un tas de visites. On était sur route fermée ou route ouverte par moment. Et arriver aux Voiles d’un Saint-Tropez avec 100 Ferrari, c’était assez incroyable aussi.
Nicolas Guillermou : Bon magnifique. Il y avait une difficulté dans tout ça, c’est que toi tu es breton et qu’en fait tu étais à la fois à Paris…
Laurent Knobloch : Je ne suis pas breton.
Nicolas Guillermou : Tu n’es pas breton.
Laurent Knobloch : Non, non, je me suis marié à une bretonne.
Nicolas Guillermou : Ah, c’est pour ça. Donc breton d’adoption, mais tu étais entre Paris et l’Ouest finalement et tu passais beaucoup de temps dans le train et ce n’était pas simple. Et à un moment donné, tu as fait le choix de te recentrer finalement sur la vie familiale.
Laurent Knobloch : Des choix de vie parce que c’est une vie passionnante, l’événementiel. Et puis tu te retrouves, là c’est vrai qu’on parle de Paris mais tu peux te retrouver dans notre métier, on en parlait en off tout à l’heure voyager, ça peut être l’Europe ça peut être un peu partout. Donc ta vie de famille est un peu mise de côté et après tu te dis moi arrivé à 44 ans je m’étais dit cette vie je dis de saltimbanque mais c’est un peu ça, c’est une vie événementielle et puis après t’as une vie personnelle à côté qu’il faut concilier. j’ai eu la chance d’avoir une femme qui comprenne aussi tout ça. Mais après, tu dézoomes un petit peu tout ça. Il y a une forme un peu de priorité. Et puis je me suis dit ma priorité… Ouais, j’habitais Rennes. Ma prod était à Paris. Et puis des fois, tu rentres ou tu ne rentres pas. Tu as des opportunités, tu as des rendez-vous, tu as des déplacements, tu as des choses. Et puis des fois, tu te retrouves, tu es parti un mois. Bon, quand c’est un mois et que tu es tous les jours chez toi après, c’est différent. Donc ouais, ce sont des choix de vie. À un moment donné, j’ai vu ce bâtiment se construire ici, le Couvent des Jacobins à Rennes. Au départ, je faisais partie de ce qu’on appelait le conseil des acteurs. Le conseil des acteurs sont des acteurs professionnels qui touchent plus ou moins le milieu des rencontres pro. Donc moi, quand j’avais mon agence qui était dont le siège social était à Rennes, je pouvais intégrer ce conseil des acteurs. Et donc voilà, ça parlait en fait du projet, le projet dans lequel je suis depuis huit ans maintenant. Mais au préalable, voilà, moi j’aurais été prestataire. Et j’ai dit, « Voilà, ce lieu peut être une opportunité aussi de me dire, écoute, on va arrêter avec le côté saltimbanque et puis te poser. Et puis mettre tout le bénéfice de cette expérience professionnelle pour le couvent des Jacobins. Et ce lieu me faisait rêver dans l’histoire, dans le projet dont j’ai postulé. Et puis je suis en 2017. J’ai postulé en 2016, donc mon dernier événement j’en parlais avec Fred Beauchene, l’Indoor de France à Bercy. Et puis janvier 2017 j’ai un appel en me disant écoute Laurent est-ce que tu es prêt à commencer avec nous l’aventure en mars ?
Nicolas Guillermou : Alors est-ce qu’on peut peut-être faire un petit focus sur ce que c’est le couvent des Jacobins parce qu’il est très connu dans l’ouest peut-être pas de tous nos auditeurs. C’est un ancien bâtiment religieux qui a été reconstruit finalement à l’intérieur des anciens murs et qui fait autour de 16 000 m² sur plusieurs niveaux c’est ça ?
Laurent Knobloch : On a 16 000 m² au préalable. En fait, c’est un bâtiment vraiment chargé d’histoire. Je ne veux pas me tromper après, excusez-moi les auditeurs, mais on est je crois sur trois ans de travaux. Il y a eu trois ou quatre ans de travaux et une année de fouilles. C’est un bâtiment qui appartenait après la Révolution française à l’armée, qui a servi pour les militaires, etc. Et à l’issue de ça, la mairie de Rennes l’avait récupéré pour l’euro symbolique. Donc, il y a eu pas mal d’associations. Il y a eu des expositions d’art contemporain, etc. Et un gros projet qui a été initié en 2014 pour créer en fait un lieu, pour créer une attractivité territoriale et créer un centre de congrès. Donc, voilà pour la rencontre professionnelle.
Nicolas Guillermou : Qui est en plein centre. Parce que beaucoup de centre de Congrès sont en périphérie.
Laurent Knobloch : On est vraiment dans l’hyper centre. C’est vraiment ce côté tout à pied de Rennes qui est absolument génial par rapport à ce lieu. Il est dans l’hypersante. Donc, il est chargé d’histoire. Il y a eu deux architectes, un architecte des bâtiments de France et un architecte angevin qui s’appelle Jean Guervilly. Ils ont œuvré en fait sur quelque chose où tu as le contemporain, donc le moderne et puis l’ancien qui se sont jumelés. Donc on a la chance d’avoir des murs de pierre et puis partir en fait sur des lieux d’un espace à un autre, comme je disais 16 000 m² sur plusieurs niveaux, trois niveaux inférieurs, deux niveaux supérieurs. Donc avec un auditorium de 1000 places, un autre de 400. Une autre salle modulable de 500 places avec deux espaces de 700 mètres carrés. Bref, une vingtaine de salles de commission. Donc voilà, on organise de la rencontre professionnelle et aussi de l’entertainment. On a une feuille de route qui nous donne des objectifs de réalisation d’accueil, d’événements culturels. Mais l’idée étant, c’est qu’il y a déjà des salles sur Rennes qui sont prévues pour recevoir déjà au préalable tous ces événements culturels. Donc à la base, on n’est pas là pour cannibaliser déjà l’écosystème existant. On est autre chose. On est sur d’autres critères de typologie de salle. Donc, voilà. Donc, la première année, c’était à peu près 200 événements 2018 à son ouverture. Et là, on est à peu près sur 140-150 événements annuels.
Nicolas Guillermou : On en parlait, 140 événements dont un certain nombre qui dure plusieurs jours.
Laurent Knobloch : Oui, quand on dit un événement, un événement, c’est une journée, deux jours, trois jours, dix jours. Tout dépend. L’international, c’est des dizaines de jours. Donc, voilà. de gros événements avec les filières d’excellence qu’on a sur le territoire qui sont activées. Quand je parle de filière d’excellence, ça va sur l’agronomie, ça va sur la cybersécurité, ça va sur le médical. Donc il y a tous ces pôles d’excellence du territoire. Nous on les accueille pour leur organisation de gros congrès sur Rennes.
Nicolas Guillermou : Donc ton rôle ici, c’est directeur technique ?
Laurent Knobloch : Alors directeur de production. C’est vrai que j’endosse aussi, de part l’histoire, toute cette lecture de directeur technique, quoi qu’il en soit. Je suis directeur de production avec, quoi qu’il en soit, j’ai cette expérience et cette qualification qui me donne aussi toute cette lecture de directeur technique. Donc je la mets aussi, j’exploite mes compétences aussi dans ce sens-là.
Nicolas Guillermou : Et tu drives toute une équipe de régisseurs sur les différents métiers ?
Laurent Knobloch : Oui, différents métiers, son, lumière et vidéo, régisseur généraux, pour l’accueil des événements. Nous, sur la partie exploitation, on est une équipe d’une trentaine de personnes. Sur Destination Rennes, le couvent des Jacobins fait partie d’une entité. C’est une SPL, une société publique locale. Deux actionnaires à 70 et 30 %, la métropole et la ville. Et donc derrière, une gouvernance métropolitaine pour justement créer cette attractivité territoriale. Donc quand je parle de Destination Rennes, la structure principale où nous, on est une des entités du couvent de Jacobins dans cette attractivité territoriale.
Nicolas Guillermou : Et parmi toutes les expertises que tu as pu développer au cours de ces nombreuses années, je sais qu’il y a un sujet qui est particulièrement important pour toi, c’est le sujet de la sécurité sur les événements. C’est un sujet sur lequel tu interviens aussi auprès d’étudiants, de futurs acteurs de l’événementiel.
Laurent Knobloch : Exactement aussi, oui.
Nicolas Guillermou : Et c’est un sujet forcément qui a encore plus d’écho aujourd’hui après ce qui s’est passé à Crans-Montana il y a quelques jours. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu quels sont les sujets principaux de la sécurité et puis peut-être des choses que tu as pu voir ou sur différents événements ?
Laurent Knobloch : De par Air-Bis, c’est vrai qu’en qualité de marque blanche, j’intervenais aussi sur ces sujets-là. Moi, ce sont mes livres de chevet, en fait, toute la partie juridique, sécuritaire des biens et des personnes. Et c’est vrai que j’étais embauché. On parlait de Nico & Co, on parlait de différents événements. C’est vrai que je me rapprochais déjà au préalable de gros cabinets comme le cabinet ICE de Hervé Pierre. C’est quelqu’un avec lequel j’ai étroitement travaillé, justement, sur tous ces aspects d’ERP, établissements qui reçoivent du public. Et comment tu protèges les biens et les personnes ? Et quelle est la réglementation qui entoure tout ça ? Parce qu’il faut savoir que l’organisateur d’un événement est pénalement responsable. Donc derrière, comme j’organisais aussi des événements, le côté pénal, il y a plus rigolo quand même. Et puis assumer des risques. L’idée c’était de se piquouser aussi sur tous ces risques. Il y a l’école Disney qui m’a beaucoup appris aussi là-dessus, parce que quoi qu’il en soit, je ne sais pas combien de millions de visiteurs. Donc il y a tout un tas de choses réglementaires à respecter. Donc déjà ça m’a donné ces réflexes juridiques que j’ai développés, ces réflexes juridiques à travers des formations diverses dans le cadre de Air-Bis et aussi dans le cadre du couvent des Jacobins, pour justement organiser ces événements, donc ces réglementations déjà. Je vais donner une date, c’est 25 juin 1980, toute la réglementation incendie dans les établissements qui reçoivent du public. Au préalable avec Disney j’ai été formé ce qu’on appelait Cchapiteaux Tentes et Structures pour être un expert dans ce domaine avec toutes les formations après derrière les CASES. Donc c’est des autorisations pour pouvoir utiliser des engins de manœuvre, d’élévation et autres. Donc ça encadre en fait tout un tas de choses, il y a le code du travail, il y a pas mal de choses, après des réglementations comme août 2017 qui parlent en fait, ce sont des décrets sur la diffusion sonore, en fait c’est protéger aussi les personnes sur les musiques amplifiées, tu vois t’es dans une salle et t’as tant de DB pour te percer les oreilles. Il y a pas mal de choses, et tous ces événements, on en parlait tout à l’heure avec Nico & Co, donc c’est des dépôts de dossiers en préfecture. Donc, pour demander l’autorisation d’utiliser un lieu, de le classer en ERP, de le déclasser, des événements. Et puis, des personnes qui m’ont appris. Je parlais d’Hervé Pierre tout à l’heure, qui est préventionniste, qui m’a accompagné quai de Gesvres à Paris où tu as des rendez-vous. Je ne sais plus si c’était les mardis matin ou les jeudis matin. Tu prends ton rendez-vous et puis tu as rendez-vous avec des experts, tu développes ton projet, ils te disent ce que tu peux faire, ce que tu ne peux pas faire avant de l’envoyer en préfécture. Tout ça, ça a été en fait, pas mal d’années, ça aussi je le mets au profit de toute manière pour ouvrir aussi un établissement j’ai passé la licence entrepreneur de spectacle. Donc les licences aussi d’exploitant donc pour pouvoir ouvrir aussi un lieu. Donc là aussi c’est des belles rencontres et des choses aussi qui t’apprennent une réglementation très très pointue dans le cadre de l’exercice de nos métiers et oui tu parlais de ces accidents et ouais. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. Moi, je prends plus un exemple. C’est vrai que là, on fait un focus parce que c’est actuel. Mais tu pars en 2014 dans la banlieue rouennaise, un établissement, une jeune fille qui fêtait son anniversaire. Il y a quand même 14 morts. La même chose. On est dans un bar au sous-sol. Sortie de secours fermée à clé. Feu, étincelle, etc.
Nicolas Guillermou : Matériaux pas forcément aux normes et ainsi de suite.
Laurent Knobloch : C’est ça. Et là, tu me parlais des cours. En fait, les cours, comment c’est venu ? En fait, il y a une école sur Rennes qui est l’ESG. Ils ont en fait une section événementielle, des futurs organisateurs de divers événements, des jeunes, donc ce sont des bachelors, des bacs plus 3. Et derrière, moi, je veux leur donner, en fait, c’est cette transmission, un réflexe juridique. C’est un peu brutal mon arrivée. C’est que déjà, je leur fais, dont dit « des cours ». C’est une sensibilisation à la logistique et à la sécurité dans les événements. Et déjà, je les sensibilise dès le départ par des images d’histoire. Ça peut parler de Furiani. Furiani qui est catastrophique. Malheureusement, on est obligé de passer sur des choses comme ça, du moins de vivre des expériences comme ça, pour faire bouger les choses. Il y a des aspects réglementaires, des fois il y a de la négligence, des fois il y a de la méconnaissance. Et moi ce que je veux, à travers ces étudiants, de futurs peut-être nous, demain leur donner ces petits réflexes. Ils n’ont droit de ne pas savoir. Je viens à l’encontre un peu de cet adage juridique qui dit « Nul n’est censé ignorer la loi » . Mais à la rigueur, entoure-toi. Pose-toi les questions. Il n’y a pas de mauvaises questions. Il n’y a pas de mauvaises réponses. Déjà, pour moi, la première négligence, c’est de ne pas se poser les questions. Après, derrière, on a une réglementation qui est assez pointue. On a des personnes excellentes dans le domaine. Tu recherches, tu trouves l’information.
Nicolas Guillermou : C’est plus facile encore aujourd’hui à trouver les informations que ça l’était il y a 20 ou 30 ans.
Laurent Knobloch : Je pense. Déjà, tu vois ce premier réflexe juridique c’est se poser les bonnes questions. Je suis organisateur, et dès le départ, ne te fait pas peur, il faut pas avoir peur aussi de déroger à la loi, il y a toujours un côté. Moi, ce n’est pas écrit, c’est que tu as le droit.
Nicolas Guillermou : Il y a beaucoup de bon sens aussi. Aligner les rangées de 80 chaises, c’est forcément comment celui du milieu peut sortir s’il y a une urgence.
Laurent Knobloch : Exactement.
Nicolas Guillermou : C’est déjà de réfléchir et de se poser les questions.
Laurent Knobloch : Des fois, ce n’est pas facile dans la réalisation de ton événement. Donc, il y a toujours des mesures, ce qu’on appelle mesures compensatoires. Après ou pas, si on te dit que tu n’as pas le droit de le faire, mais tu n’as pas le droit de le faire sous telles conditions. Tu peux respecter, je n’ai pas dérogé, attention les mots sont peut-être forts, tu ne déroges pas aux conditions, mais tu as toujours des mesures compensatoires ou des choses qui peuvent te permettre de faire des choses. Donc après quand tu sais que tu n’as pas le droit, tu n’as pas le droit. Après on parle d’inifugation, là c’est dommageable j’entendais. Après attention au niveau des médias ils disent que le dernier contrôle 2020 et quand tu vois les images d’archives, je parle de la Suisse là, les images d’archives de 2019 où tu entends une personne dans le micro en disant attention, attention avec les flammes. En 2019, nouvel an, en disant attention, attention au plafond, ça va prendre feu. Ils font quand même une modification de l’établissement 2020 où ils rajoutent. Ça n’a pas été vérifié, du moins je n’en sais rien après. Voilà, moi je trouve ça dommage parce que notre rôle il est là. Tu vois, quand on parle d’événements et je parle de vie événementielle, ça te bousille une vie, je veux dire, quelque chose comme ça. Assumer même un blessé, le moindre blessé, ça casse un peu cette ambiance. Toi tu es là pour tu vends un peu du rêve, la personne elle arrive, pour elle tout est bordé, tu vois. C’est ça ce modèle aussi, tu vois, de Disney, t’arrives, t’es dans la magie. T’as pas envie en fait qu’une personne se blesse, s’égare ou autre chose. T’essayes de pallier à tout, même si le risque zéro n’existe pas. Projette-toi, imagine pas le pire, imagine même la moindre chose, parce que déjà rien que pour toi, c’est nuisible, c’est dur. Je pense que ça doit être dur à vivre derrière. Après, peut-être des méconnaissances. Et je pense que, je te disais, la première négligence pour moi, c’est de ne pas se poser les questions. Ne fais pas n’importe quoi. Moi, je suis peut-être un peu tro, voilà j’ai des livres de chevet, je m’intéresse, tu recherches, il y a des jurisprudences, tu regardes, tu sais pas, tu te renseignes. Tu vois, je parlais d’Hervé Pierre. C’était assez rigolo parce que quand je commençais avec Air-Bis, tu ne comptes pas tes heures. Moi, je suis encore derrière mon ordinateur à 3h du matin. Je suis en train d’écrire à Hervé Pierre en disant tiens, je me pose une question juridique relative au 25 juin 80. Réglementation incendie, évacuation, je suis un peu juste. Et puis 3h02, j’ai une réponse. Je lui dis tu ne dors pas Hervé ? Toi non plus. Du coup, on s’appelle et c’était des choses, ce sont des personnes, des rencontres assez incroyables. Je me rappelle, même au départ. Au départ, il y a plein de choses aussi qui te pousse dans ta réflexion. J’ai travaillé pour une boîte américaine qui s’appelait Inflate, qui maintenant a une super rencontre aussi, Nathan, chez G-Home. C’était l’arrivée des premières structures gonflables en France. Il n’y avait pas, dans ce qu’on appelait chapiteau tente et structure, dans ces typologies de RP, il n’y avait pas les SG, structures gonflables, ça n’existait pas. Et donc là j’ai travaillé étroitement avec une personne qui s’appelait Jean Gottlibovic, qui a initié en fait déjà toutes ces documentations qu’on a sur la réglementation des ERP, les CTS, c’est ce qu’on appelait. On a été amené, moi j’ai travaillé des mois et des mois avec ce monsieur et puis la préfecture pour faire en sorte que les SG, les structures gonflables, intègrent en fait aussi pleinement cette réglementation. Donc voilà, les évolutions, s’intéresser, se renseigner et puis c’est ça aussi la magie de l’événementiel tu vois. Tu vois on parle des structures, il y a du bon sens, qu’on appelle aussi les règles de l’art. On peut parler des forains. On s’est inspiré de tout ça dans l’événementiel. Ces chapiteaux dantesques qui sont montés avec des origines qu’on ne connaissait pas, qu’on n’arrivait pas à qualifier en termes de réglementation mais qui sont devenues réglementaires par la suite. Et merci tout ça.
Nicolas Guillermou : Pour les gonflables, c’est pareil, j’étais sur un événement il y a un an avec Mathieu Rosz dont on parlait hors antenne. Il y a un prestat qui vient installer une grande structure gonflable pour enfants avec toboggan au parcours du combattant et qu’il le pose et qu’il ne le fixe pas au sol.
Laurent Knobloch : J’en ai plein d’exemples comme ça.
Nicolas Guillermou : Évidemment, moi j’étais en régie sur l’espace, hors de question de le laisser repartir. Il est retourné à son entrepôt, il a été chercher des piquets pour amarrer la structure au sol parce qu’en fait là encore, juste on voit les anneaux métalliques, on voit qu’ils sont raccordés à rien même si on n’est pas expert. On se dit qu’il doit manquer quelque chose.
Laurent Knobloch : Il manque quelque chose, c’est clair.
Nicolas Guillermou : Et on a vu des images de châteaux qui s’envolent. Il y a de belles images. C’est catastrophique. Du coup, c’est des réflexes dans l’événementiel qu’il faut avoir et il ne faut pas transiger avec ça.
Laurent Knobloch : C’est comme ça que je commence, je te disais tout à l’heure auprès de ces étudiants. On sait que dès le départ, c’est un peu hardcore. J’ai récupéré, pareil sur Internet, c’était diffusé au niveau des médias. Voilà ce qui s’est passé, une structure gonflable qui a volé 15 mètres avec des gamins dedans. Ça va de ça, ça va de ce qui se passe dans un établissement, un bar. Ça parle des mouvements de foule au niveau des concerts. Ça parle d’une multitude de choses. Une multitude de choses. Un mariage, feu de bngale et puis t’as tout le plafond qui prend feu. Il ne s’est rien passé.
Nicolas Guillermou : C’est que le plafon, tout le monde a pu sortir.
Laurent Knobloch : C’est du petit réflexe juridique. Tu parles d’inifugation, ils te regardent avec des yeux comme ça, ils comprennent pas. Peu importe. Moi je suis là pour transmettre, je n’ai pas vocation à être un préventionniste, quoi qu’il en soit. J’ai des formations derrière qui me font bercer dans ces documentations. Et puis, c’est t’intéresser et aller taper sur des textes de loi. C’est dommageable de voir ce qui se passe encore en 2025.
Nicolas Guillermou : Merci beaucoup Laurent, merci pour ces échanges. Est-ce que pour tes étudiants qui sont nos futurs collègues dans l’événementiel, tu as un petit conseil à leur donner de façon un peu plus large que la partie sécurité, mais sur comment intégrer ce milieu parce que forcément il y en a beaucoup qui veulent y travailler, il n’y a pas forcément de la place pour tout le monde. Quels seraient les petits conseils à donner ?
Laurent Knobloch : La place, je leur dis, la porte est fermée, regardez si la fenêtre n’est pas ouverte déjà. Et puis moi je dis, il faut avoir de l’audace et de la créativité. Et surtout de l’envie, je pense que c’est l’envie au-dessus de tout. C’est quand mon prof de vente me disait à l’époque, il faut que tu aies les yeux qui brillent. Tu as les yeux qui brillent, ça démonte ton envie. Si tu sens que tu as cette fibre, vas-y, quoi qu’il en soit, les portes s’ouvriront. Ce n’est peut-être pas ça, mais il y a toujours des chemins un peu dérivés pour aboutir. Tu n’es pas obligé de prendre l’autoroute. Tu prends la départementale et à un moment donné, tu arrives à ta destination. Et ça, c’est clair. Donc voilà, il ne faut pas se démotiver. Il faut y aller. Il y a du non. Il faut accepter en fait la négation et puis te dire non, mais de toute manière, j’ai envie d’y aller. J’irai. Et donc voilà, c’est ça le conseil. Intéresse-toi, fonce. Et puis t’envis, tu arriveras quoi !
Nicolas Guillermou : Merci Laurent.
Laurent Knobloch : Écoute, avec plaisir.
Nicolas Guillermou : Et puis surtout, n’oubliez pas, dans l’événementiel, on n’a pas un métier facile, mais c’est quand même mieux que de travailler.
Laurent Knobloch : Exact.
Nicolas Guillermou : Merci beaucoup d’avoir écouté jusqu’au bout ce podcast de Good Morning Event. N’hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify, ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l’adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.
Derrière chaque événement réussi se cache une mécanique invisible, précise et exigeante : la production événementielle. Scénographie, logistique, coordination des prestataires, respect des normes, gestion des flux… mais surtout, sécurité du public et des équipes ! Un pilier souvent sous-estimé, pourtant au cœur de la réussite de tout événement, qu’il soit corporate, culture ou grand public.
Dans le nouvel épisode de Good Morning Event, Nicolas Guillermou reçoit Laurent Knobloch, directeur de production événementielle au Couvent des Jacobins à Rennes, lieu emblématique de congrès et d’événements d’envergure. Fort de plus de 20 ans d’expérience, il a évolué sur des projets XXL en France et à l’international, notamment chez Disneyland Paris, avant de fonder sa structure et de piloter aujourd’hui des dispositifs complexes en milieu ERP.
Cet épisode plonge au cœur d’un sujet stratégique pour les professionnels du secteur : comment produire des événements ambitieux tout en garantissant un haut niveau de sécurité, de conformité réglementaire et de responsabilité ? Entre retours d’expérience, réalités du terrain et transmission aux nouvelles générations, Laurent Knobloch livre une vision lucide et engagée du métier.