Nicolas Guillermou : Mars 2025, Quick-Off publie la première étude de grande ampleur sur le bénévolat événementiel en France. Plus de 200 000 bénévoles et 2500 organisateurs sont interrogés. Les résultats bousculent toutes les idées reçues. Non, le bénévolat ne se meurt pas. Non, ce ne sont pas que des seigneurs retraités. Et non, ce n’est pas un monde d’hommes. La réalité ? 54% de femmes, un âge moyen de 37 ans et une dynamique d’engagement qui explose chez les jeunes. Bienvenue dans les coulisses d’un secteur qui structure des milliers d’événements chaque année, mais dont personne ne connaissait les vrais chiffres.
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Nicolas Guillermou : Pour comprendre cette étude révolutionnaire, il faut d’abord saisir le paradoxe. Le bénévolat événementiel représente une force considérable. Des milliers de festivals, de compétitions sportives, d’événements culturels reposent sur des dizaines de milliers de bénévoles. Pourtant, aucune donnée fiable n’existait. Aucune photographie précise du secteur. Juste des convictions, souvent fausses. Romain Gibert, CEO de Quick-0ff, raconte le déclic. en 2023. Il pilote le programme des équipiers du championnat du monde de ski alpin à Courchevel. Invité au ministère des sports pour échanger sur le bénévolat événementiel, il constate deux choses, une absence totale de données fiables et aucune coordination interministérielle, alors que le sujet concerne la culture, le sport et les solidarités. Quick-Off décide alors de combler ce vide. D’abord en publiant le premier guide juridique du bénévolat événementiel en 2024. Puis en lançant cette étude annuelle qui vise à devenir la référence du secteur. Les premiers résultats cassent immédiatement les préjugés. L’analyse de 154 972 profils inscrit sur Qoezion, la plateforme dédiée aux bénévoles événementiels, révèle un engagement jeune et majoritairement féminin, avec un âge moyen de 37,7 ans et une proportion de femmes de 54%. Un rebours total du bénévolat associatif traditionnel, plutôt vieillissant et masculin. Cette différence interroge. Pourquoi le bénévolat événementiel attire-t-il des profils si différents ? La réponse tient probablement au format ponctuel, à la valorisation plus visible, à l’équilibre plus clair entre contribution et reconnaissance. Les nouvelles générations préfèrent s’engager intensément, mais sur des temps courts, plutôt que de s’inscrire dans des structures associatives permanentes. Mais au-delà des profils, l’étude plonge dans des pratiques organisationnelles. Et là, les défis émergent massivement. Premier constat, 66% des organisateurs considèrent le recrutement comme leur principal défi. Pourtant, 43% débutent leur campagne moins de 3 mois avant l’événement. Et c’est souvent trop tard. Les bonnes pratiques recommandent minimum 4 mois d’anticipation. La fidélisation constitue le second enjeu majeur. Près de 53% des organisateurs peinent à fidéliser leurs bénévoles. Près de 40% des bénévoles ne reviennent pas après une première expérience. Les raisons ? Le manque de reconnaissance, une communication défaillante, des missions parfois floues et une absence de perspective d’évolution. Car les bénévoles ont des attentes précises. 88% recherchent avant tout une expérience humaine enrichissante. 47% souhaitent une reconnaissance claire de leur rôle. 40% accordent une importance aux accès privilégiés aux coulisses. Et enfin, 33% voient le bénévolat comme une opportunité de développement personnel ou professionnel. Ces attentes ne semblent donc pas toujours comblées. 15% des bénévoles expriment un sentiment de non-reconnaissance. 13% regrettent l’absence d’opportunité pour évoluer. Et pour 26% une reconnaissance plus forte serait déterminante pour leur décision de revenir. La communication reste un point faible. 42% des organisateurs éprouvent des difficultés à communiquer avec leurs bénévoles. Un bénévole sur cinq a déjà rencontré des problèmes de communication avec un organisateur. Et 40% des bénévoles déclarent avoir eu des difficultés. 21% des bénévoles affirment même avoir un manque d’informations avant leur mission. Le rôle du responsable des bénévoles apparaît central. Pourtant, près de la moitié des événements n’ont pas de ressources humaines dédiées à la gestion des bénévoles. Et c’est un vrai point de faiblesse. Lorsqu’un responsable des bénévoles existe, les retours sont largement meilleurs. Les bénévoles se sentent écoutés, mieux informés et plus investis. La formation constitue d’ailleurs un autre talon d’Achille. Un tiers des bénévoles apprennent leur mission directement sur le terrain, et sans formation préalable. La moitié d’entre eux reçoivent un briefing le jour même, souvent un peu dans l’urgence. Et seul un quart des bénévoles bénéficient d’une formation jugée suffisante combinant information en amont et accompagnement sur site. Pourtant, près de 90% des organisateurs recrutent entre 1 et 6 mois à l’avance avant leur événement. Ce délai devrait permettre largement d’anticiper et de diversifier le format des formations. Supports écrits, tutoriels vidéo, quiz interactifs, webinaires. Les outils existent, mais restent souvent sous-exploités. Les solutions émergent progressivement. Des modules de e-learning, comme celui proposé via Qoezion, permettent aux bénévoles de se former à distance, à leur rythme. L’hybridation entre la formation en ligne et le briefing terrain semble la voie à privilégier. Nommer des référents bénévoles, capables d’accompagner les nouveaux arrivants, favorise également la transmission horizontale. Nous l’avons dit, la reconnaissance joue un rôle déterminant, mais ne nécessite pas forcément de gros budgets. Les formes de reconnaissance les plus efficaces sont humaines et symboliques. Deux tiers des bénévoles plébiscitent les soirées de remerciements, apprécient les messages personnalisés, et la moitié d’entre eux valorisent les cadeaux symboliques. Un quart souhaite même des attestations d’engagement. Nicolas André, directeur des événements à la Fédération française de cyclisme, le résume parfaitement : « Un temps de convivialité peut faire toute la différence. Même ceux qui ne viennent pas se sentent reconnus, parce qu’ils ont été invités. C’est une marque d’attention qui fidélise énormément. » Maïa Fraïssé, cheffe de projet chez YesWeRun, confirme : Nous sommes deux personnes dédiées aux bénévoles. On crée du lien bien avant l’événement, avec des messages attentionnés comme des vœux, ou un mot d’anniversaire. Ces petites marques d’attention font la différence. » L’étude révèle aussi les sources d’engagement. La fidélisation arrive en tête avec 61%, suivie du bouche-à-oreille et puis de sites comme qoezion.com. Cette hiérarchie souligne l’importance de l’expérience vécue. Un bénévole bien traité devient un ambassadeur et recrute naturellement dans son entourage. Pour Benoît Roux, coordinateur des bénévoles à l’UTMB Group : « On doit mettre beaucoup d’humanité dans tout ce que l’on fait. Être actif, présent, montrer que l’on agit à 100% pour les bénévoles. C’est ce qui donne du sens et qui soude une vraie équipe. » Au-delà des chiffres, l’étude pose des questions structurelles. Le bénévolat événementiel, avec son format ponctuel et sa valorisation visible, correspond mieux aux attentes des nouvelles générations. Les associations engagées dans des activités récurrentes devraient-elles s’en inspirer ? Les politiques publiques ? doivent-elles traiter conjointement bénévolat événementiel et traditionnel pour faciliter les ponts entre les deux ? Car la France accuse un retard en matière de reconnaissance du bénévolat, contrairement aux Pays-Bas, à la Suède ou à l’Autriche, où plus de 40% des adultes sont bénévoles. La France plafonne tel à 23%. Peu d’incitation fiscale, peu de reconnaissance officielle, pas de coordination interministérielle. Structurer davantage le bénévolat, le reconnaître à sa juste valeur et l’inscrire pleinement dans des politiques publiques pourrait en faire un levier encore plus puissant. L’étude de Quick-Off marque un tournant. Pour la première fois, les organisateurs disposent de données précises pour améliorer l’expérience des bénévoles sur leurs événements. Les recommandations sont claires. Désigner une personne référente, anticiper le recrutement, structurer la formation, soigner la communication et multiplier les marques de reconnaissance. afin de créer des perspectives d’évolution. L’enjeu dépasse le seul événement. Un bénévole bien accompagné devient un ambassadeur, revient et recrute. Il crée un héritage pour le territoire et sème dans d’autres projets locaux. Pour les fédérations, il structure une culture partagée du bénévolat, plus durable et bénéfique à tous. Le bénévolat événementiel, quand les professionnels découvrent qu’ils disposent enfin de données pour transformer leur pratique et que la clé de la fidélisation tient en un mot simple mais exigeant : l’humanité.
Générique : Merci beaucoup d’avoir écouté jusqu’au bout ce podcast de Good Morning Event. N’hésitez pas à mettre une note de type 5 étoiles sur les plateformes à travers lesquelles vous écoutez le podcast et même un petit commentaire sur Spotify. Ça aidera pour son référencement. Vous pouvez également nous envoyer un petit mail à l’adresse qui est indiquée en description pour nous conseiller de futurs invités ou nous faire part de vos impressions. Et à très bientôt pour un nouvel épisode.
Festivals, compétitions sportives, salons professionnels, événements culturels ou corporate, derrière chaque production événementielle, une ressource humaine essentielle reste souvent invisible : les bénévoles. Pourtant, ils sont des milliers à contribuer chaque année la réussite logistique et opérationnelle des événements en France.
En mars 2025, Quick-Off publie la première grande étude nationale dédiée au bénévolat événementiel, basée sur plus de 200 000 bénévoles et 2 500 organisateurs. Une analyse inédite qui apporte enfin des données concrètes sur le recrutement, la gestion et la fidélisation des équipes bénévoles, un enjeu stratégique pour tout organisateur d’événement.
Les résultats remettent en question de nombreuses idées reçues et offrent surtout des pistes très concrètes pour améliorer l’expérience collaborateur événementielle, optimiser la coordination terrain et renforcer la réussite globale d’un événement.
Le bénévolat événementiel repose aujourd’hui sur une population plus jeune et plus diversifiée que le bénévolat traditionnel. L’âge moyen est de 37 ans et 54% des bénévoles sont des femmes. Cette évolution reflète une transformation profonde du secteur événementiel, où les nouvelles générations privilégient des engagements ponctuels, liés à des expériences fortes et immersives.
Pour les organisateurs d’événements, le principal défi reste le recrutement. Près de 66% identifient cette étape comme critique, notamment parce que les campagnes sont lancées trop tard. Anticiper le recrutement au minimum quatre à six mois avant l’événement permet pourtant d’assurer une meilleure planification des ressources humines et une organisation logistique plus fluide.
La fidélisation constitue un second enjeu majeur. Plus de 40% des bénévoles ne reviennent pas après une première expérience, principalement en raison d’un manque de reconnaissance ou d’une communication insuffisante. Dans l’événementiel, l’expérience humaine est un levier puissant : accès aux coulisses, remerciements personnalisés, attestations ou événements dédiés aux équipes renforcent fortement l’engagement.
La formation représente également un facteur de réussite opérationnelle. Briefings anticipés, modules e-learning, référents terrain et supports pédagogiques permettent d’améliorer la coordination des équipes et la qualité de l’expérience événementielle. À l’inverse, une absence de préparation peut fragiliser la production globale.
Enfin, la nomination d’un responsable dédié à la gestion des bénévoles apparaît comme une bonne pratique essentielle. Ce rôle permet de structurer la communication, d’accompagner les équipes et d’assurer une meilleure gestion des flux humains sur site.
Le bénévolat événementiel n’est plus seulement un soutien logistique, il devient un véritable levier stratégique dans la production événementielle. Bien encadrés, les bénévoles contribuent directement à la réussite de l’événement à l’expérience participant et à l’image de l’organisateur.